Le vidéaste Tibo InShape a relancé la polémique dimanche matin en publiant un message virulent sur X à l’encontre d’influenceurs francophones installés à Dubaï. Connu pour son franc-parler et suivi par plus de 26 millions d’abonnés, il a taclé ceux qui, selon lui, réclament aujourd’hui l’aide de la France après avoir choisi l’exil fiscal ou professionnel.
Un message viral et des réactions en chaîne
Le post de Tibo InShape, sobrement formulé — « Les influenceurs de Dubaï finalement on est bien en France, n’est-ce pas ? 🇫🇷 » — a rapidement suscité de nombreuses réactions. En l’espace de trois heures, il a été liké plus de 20 000 fois et vu par plus de 1,3 million d’utilisateurs sur X, selon les chiffres publiés avec la capture du réseau social.
Comme souvent avec ce type de prise de position, les avis se sont immédiatement divisés. Certains abonnés ont soutenu l’influenceur, saluant sa franchise : « Tibo, je suis trop fan de toi ». D’autres ont exprimé leur colère. Un internaute a même commenté : « T’es vraiment une énorme merde », et un second a renchéri en défendant des proches travaillant à Dubaï : « Ce genre de take, alors que j’ai des collègues de travail et mon frère qui y sont et qui sont des gens honnêtes, faut vraiment avoir aucune race et aucune honte. »
Contexte : des influenceurs pris au cœur d’une crise
La pique de Tibo intervient au moment où plusieurs personnalités francophones basées aux Émirats, et notamment à Dubaï, expriment leur inquiétude. Parmi elles, Maeva Ghennam, partie vivre aux Émirats pour des raisons fiscales, a publié des stories alarmées dans lesquelles elle appelle la France à la protéger. Dans l’une de ses publications, elle a déclaré conserver son passeport dans son soutien‑gorge et a lancé : « La France, protège‑nous ! Je me suis faite dessus ! »
Sur le plan démographique et économique, BFMTV rappelle que 90 % de la population des Émirats arabes unis est composée d’étrangers et que Dubaï est souvent associée à la défiscalisation de ressortissants francophones et anglophones. Ce contexte nourrit depuis plusieurs années des débats sur le comportement et la responsabilité des influenceurs expatriés.
Le sujet avait déjà été passé au crible par l’émission Complément d’enquête, animée par Tristan Waleckx sur France 2, qui s’était intéressée à cette vague d’expatriations et à ses conséquences médiatiques et fiscales.
Sur place, l’inquiétude et les départs difficiles
Plusieurs visages connus de la télé‑réalité et des réseaux sociaux ont partagé leur angoisse. Kamila et Noré, anciens candidats de Secret Story, ont décrit une situation effrayante : « Je suis en panique (…) C’est comme du tonnerre, en l’espace de 10 minutes, on a vu trois missiles. Ce sont comme des flammes qui tombent. » Le couple a dit souhaiter quitter Dubaï mais s’est heurté à des aéroports temporairement fermés.
Agathe Auproux et Elodie Gossuin figurent également parmi les Françaises bloquées sur place. En vacances à Dubaï avec leurs familles, elles ont partagé leur inquiétude sur Instagram et demandé à leurs abonnés de les tenir informées des évolutions. Le manque d’informations locales a d’ailleurs été souligné par plusieurs personnes présentes sur place.
Ces témoignages expliquent en grande partie la tonalité du débat en France : d’un côté, la colère envers ceux qui ont choisi de s’installer hors du territoire national, parfois pour des motifs fiscaux ; de l’autre, la reconnaissance que des ressortissants en danger cherchent des moyens de se protéger, indépendamment de leurs décisions passées.
Une polémique symptomatique des réseaux
Le coup de gueule de Tibo InShape illustre la manière dont les réseaux sociaux amplifient et polarisent des événements déjà sensibles. Les messages brefs et tranchés, facilement relayés, transforment des questionnements complexes — fiscalité, responsabilité médiatique, sécurité des citoyens à l’étranger — en échanges souvent émotionnels et manichéens.
Ni le post de Tibo ni les réactions de ceux qui se disent en danger n’apportent à eux seuls de réponse à ces questions. Elles reflètent toutefois une tension réelle entre une partie de l’opinion publique et des personnalités françaises qui ont choisi de vivre hors de France. Le débat, alimenté par des images, des stories et des témoignages en direct, devrait se poursuivre tant que la situation sur place restera incertaine.
Pour l’instant, la polémique met surtout en lumière la fragilité des discours quand l’urgence et l’émotion dominent la communication en ligne, et rappelle que derrière chaque story partagée se trouvent des individus confrontés à une situation concrète.


