C’est une rentrée télévisuelle qui a bousculé les habitudes des téléspectateurs. Le jeu des chaises musicales a été intense : plusieurs visages connus ont changé de case, et certaines émissions reviennent dans des configurations inédites.
Nouvelle saison, nouvelles têtes
Anne-Sophie Lapix et Olivier Minne ont quitté France 2 pour rejoindre M6, un mouvement qui illustre l’attractivité du groupe en cette rentrée. M6 a également fait venir Francis Huster aux commandes de Murder Party au musée, tandis que Cyril Hanouna, après l’arrêt brutal de TPMP, a trouvé refuge sur W9 où il anime désormais Tout beau tout neuf avec sa bande.
Absorber autant de transferts a créé un paysage télévisuel remanié, où chaînes historiques et petites sœurs du groupe audiovisuel national cherchent à se distinguer en recrutant des animateurs et des visages populaires.
Le retour d’un duo et une émission revisitée
W9 a aussi réussi à attirer Pascal Bataille et Laurent Fontaine. Après des approches de CNews et RMC Story, le duo emblématique a finalement accepté la proposition de la chaîne pour relancer Y’a que la vérité qui compte. L’émission a repris le 4 septembre. Née en 2002 sur TF1, l’émission est passée par C8 avant cette nouvelle étape sur W9.
Ce come-back médiatique a été l’occasion pour le magazine Closer d’aller à la rencontre de Laurent Fontaine. Dans un entretien publié le 12 septembre, l’animateur de 62 ans est revenu sur son parcours et sur certaines de ses collaborations les plus marquantes.
Laurent Fontaine s’exprime sur Christophe Dechavanne
Interrogé sur sa relation professionnelle avec Christophe Dechavanne, Laurent Fontaine n’a pas éludé la question. À la demande de Closer — « Vous avez collaboré à la création de Combien ça coûte ? et sur Coucou, c’est nous. C’est comment de travailler avec Christophe Dechavanne ? » — il a répondu sans détour : « Christophe est un génie de l’animation, mais ce n’est pas toujours simple humainement de collaborer avec lui au quotidien. Ce n’est pas un secret, et je ne suis pas le premier à le dire. »
Cette remarque souligne la dualité souvent évoquée autour du présentateur : un talent reconnu pour l’animation, accompagné, selon certains témoignages, de comportements difficiles à gérer en coulisses.
Contexte des polémiques autour de Dechavanne
En février 2024, alors que Christophe Dechavanne faisait la promotion de son autobiographie Sans transition, plusieurs anciens collaborateurs ont pointé du doigt des attitudes problématiques en interne. Un ex-collaborateur de Coyote, sa société de production, racontait alors : « Il parle mal, peut siffler les gens, blesser en se moquant méchamment, être acrimonieux, hurler car il ne peut pas avoir tort. Et le lendemain, il apporte des fleurs, des cadeaux (…) Ça finit par rendre fou. » Ces propos, relayés à l’époque, ont nourri des débats autour de son comportement professionnel.
Par ailleurs, l’animateur a été soupçonné de conduite sous l’empire de cocaïne en récidive et a été condamné au début de l’année. Il a décidé de faire appel et s’est temporairement éloigné des médias. Ces éléments juridiques et les témoignages de collaborateurs ont contribué à une période de retrait relatif pour le présentateur.
Malgré ce contexte, Christophe Dechavanne a fait un retour au cinéma. Le 10 septembre, il est apparu à l’affiche du film Toujours possible, réalisé par Jacques Ouaniche, où il incarne le patron d’une biologiste. Ce retour sur grand écran marque une nouvelle étape dans son actualité artistique, tandis que son parcours reste commenté par ses anciens collègues.
Pour Laurent Fontaine, les propos tenus à propos de Dechavanne ne visent pas à effacer ni à minimiser son talent d’animateur. Ils rappellent cependant que, dans les coulisses du spectacle, l’excellence à l’écran peut coexister avec des relations professionnelles compliquées.
La rentrée télé continue donc de redistribuer les cartes : nouvelles émissions, retours de figures populaires et remous médiatiques, le paysage audiovisuel français reste en pleine mutation. Les téléspectateurs observent et jugent, tandis que les protagonistes eux-mêmes tentent d’ajuster leurs trajectoires.


