Un village grec au cœur de son identité
Le 3 mars 2026, Nekfeu fête ses 36 ans. Cet anniversaire se déroule dans la discrétion, à l’image du rappeur devenu rare dans les médias. Pourtant, une part de son histoire reste étroitement liée à la Grèce : Palaiókipos, un petit village de l’île de Lesbos, qu’il a évoqué publiquement à l’été 2019.
Dans une note partagée sur ses réseaux sociaux en août 2019, le rappeur a écrit : « παλαιοκηπος, le village de mon grand père en Grèce . On dit que c’est le lieu de naissance du pirate Barbarossa. » Cette mention, brève mais chargée, a permis d’identifier un lieu précis où s’ancre une partie de ses racines familiales.
Situé entre le golfe de Gera et les reliefs montagneux de Lesbos, Palaiókipos est décrit comme un village agricole, avec moins d’un millier d’habitants. Terres fertiles et oliveraies en terrasses composent son paysage. L’endroit, loin des circuits touristiques, est présenté comme une Grèce plus authentique que les clichés habituels.
Parcours et héritage familial
Né Ken Samaras en 1990 à La Trinité, dans les Alpes-Maritimes, Nekfeu porte en lui cet héritage méditerranéen du côté paternel. Sa mère est d’origine écossaise, son père est grec. Il grandit entre le sud de la France et Paris, où il se forme très tôt à la musique et aux scènes du rap.
Membre du collectif S-Crew et figure du collectif L’Entourage, il s’impose rapidement comme une voix majeure de sa génération. Son premier album, Feu, sorti en 2015, rencontre un succès massif ; il est suivi de Cyborg puis des Étoiles vagabondes. Avec plus de 2 millions d’albums vendus et plusieurs disques de diamant, Nekfeu s’impose comme une référence du rap français.
Malgré cette réussite, l’artiste a choisi une présence publique mesurée. Il laisse souvent parler sa musique plutôt que sa vie privée, ce qui confère à ses rares confidences une portée particulière. La mention de Palaiókipos en 2019 fait ainsi office de rare fenêtre sur un pan intime de son histoire.
Discrétion, controverse et image publique
Depuis plusieurs années, Nekfeu se fait discret. Ses apparitions médiatiques sont ponctuelles, souvent liées à des collaborations artistiques. Cette retenue nourrit autant la fascination du public que les interrogations sur sa vie privée.
En novembre 2024, son nom est revenu au premier plan dans un contexte judiciaire et médiatique. Son ex-épouse l’a accusé de violences conjugales et de violences sur leur enfant. Nekfeu a démenti ces allégations. Il a déclaré : « Ces accusations sont contraires à mes valeurs », évoquant des « dénonciations calomnieuses » et un possible « chantage financier ». Ces déclarations, contenues dans des prises de parole publiques, ont marqué une période délicate pour l’artiste.
Cette affaire a jeté une ombre sur son image publique sans pour autant effacer son influence musicale. Dans ce climat, le rappel de ses racines grecques — et de lieux concrets comme Palaiókipos — apporte un autre éclairage. Il montre un artiste à la fois ancré dans un héritage familial et en retrait des projecteurs.
À des milliers de kilomètres de Paris, ce petit coin de Lesbos reste un symbole discret mais fort. Palaiókipos rappelle que, derrière la figure publique de Nekfeu, se cachent des histoires familiales et des paysages qui continuent de nourrir son identité.


