Invitée sur le plateau de C à Vous, Natasha St-Pier a surpris les téléspectateurs en racontant un souvenir d’enfance touchant et peu conventionnel. La chanteuse canadienne, connue pour sa discrétion et sa sensibilité, est revenue sur un épisode marquant survenu au moment des fêtes de Noël. Cette anecdote, à la fois intime et humaine, éclaire les valeurs de compassion qui ont façonné une partie de son parcours.
Un père au contact d’un milieu difficile
Natasha St-Pier a d’abord évoqué le parcours professionnel de son père pour poser le contexte. « Mon père travaillait dans les prisons pour les mineurs », a-t-elle confié, résumant ainsi des années passées au contact d’un univers exigeant. Son père fut gardien de prison, puis directeur d’établissement pénitentiaire avant de rejoindre le ministère de la Justice, selon les éléments rapportés par la chanteuse.
Grandir dans ce milieu a confronté Natasha, très tôt, à des réalités complexes où la justice rencontre l’humain. Les trajectoires de jeunes détenus, parfois brisées dès l’adolescence, ont croisé le quotidien familial. Ces premières impressions ont, dit-elle, façonné sa perception des souffrances et des solidarités possibles au sein d’un système pénal souvent opaque pour le grand public.
Un Noël pas comme les autres
L’épisode raconté par Natasha se déroule à l’approche des fêtes. Son père a appris la situation de deux adolescents francophones, âgés de 14 ans, détenus dans une prison pour mineurs. Ces jeunes purgeaient des peines de plus d’un an et allaient être transférés vers des prisons fédérales anglophones.
« Ça allait être très dur pour eux d’être deux francophones dans une prison anglophone », a expliqué Natasha lors de l’émission. Conscient de l’isolement linguistique et des conséquences émotionnelles d’un tel transfert, son père a pris une décision rare : inviter les deux adolescents à passer Noël en famille, avant leur départ.
Ce geste dépasse les cadres institutionnels habituels et prend la forme d’une réponse humaine à une situation administrative. Inviter des détenus mineurs à partager les fêtes avec une famille extérieure relève d’un acte de confiance et de protection. Pour la chanteuse, ce souvenir illustre la capacité de certains professionnels de la justice à conjuguer rigueur et empathie.
Un souvenir révélateur
Dans son récit, Natasha St-Pier ne se pare pas de jugements grandiloquents. Elle décrit plutôt une scène simple mais forte : des adolescents, isolés par la langue et la prison, accueillis autour d’une table familiale pendant un moment de fête. Pour elle, ce Noël « pas comme les autres » a laissé une empreinte durable, en témoignant que des gestes de solidarité peuvent se produire même dans des circonstances difficiles.
La chanteuse n’a pas détaillé l’après de ce transfert, ni donné d’informations supplémentaires sur le sort judiciaire des deux jeunes. Elle a toutefois souligné l’intensité humaine de l’instant, et le rôle que son père a tenu, au-delà de ses fonctions officielles.
Résonances et prudence
Le récit, tel que rapporté sur le plateau, met en lumière deux dimensions : la vie intime d’une famille liée au monde pénitentiaire et une forme d’humanité dans une institution souvent perçue comme froide. Il ne prétend pas remplacer une enquête sur les pratiques pénitentiaires ni fournir des détails administratifs sur les transferts entre établissements.
Natasha St-Pier a par ailleurs partagé ce souvenir via une publication Instagram, selon des mentions associées à l’événement médiatique. Cette revendication d’intimité publique illustre la manière dont une anecdote personnelle peut susciter l’émotion et ouvrir une fenêtre sur des réalités sociales moins racontées.
En filigrane, le témoignage interroge aussi la question de la langue et de l’isolement : être francophone dans un milieu anglophone, surtout à 14 ans et en détention, ajoute une difficulté supplémentaire à l’expérience d’enfermement. Le geste familial relaté par Natasha rappelle que la compassion peut, ponctuellement, atténuer des ruptures marquantes.
Sans prétendre apporter un éclairage exhaustif sur la politique pénale ou les parcours de réinsertion, le témoignage reste, d’abord, un souvenir personnel. Il rappelle la force des petites actions humaines, et comment elles peuvent résonner toute une vie.


