Le climat est devenu électrique entre Nagui, animateur majeur de France Télévisions, et Charles Alloncle, député UDR et rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public. La tension a atteint son paroxysme après un long message publié par Nagui, qui défendait son intégrité face aux accusations de l’élu. Cette polémique survient alors que la commission planche depuis plusieurs semaines sur la gestion et le financement des chaînes publiques, sujet sensible et très médiatisé.
La commission et son objectif : transparence sur 4 milliards d’euros
Le conflit a pris une nouvelle tournure le mardi 6 janvier 2026, lorsque Charles Alloncle a réagi publiquement aux critiques de l’animateur. Lors d’une réunion destinée à décider de la suite des auditions, le député a qualifié la réaction de Nagui de « lunaire » et a défendu le travail mené par la commission.
Alloncle rappelle que l’objectif affiché reste la transparence sur l’utilisation des 4 milliards d’euros de TVA versés annuellement par les Français à l’audiovisuel public. « Depuis le premier jour, cette commission dérange et tout est prétexte à polémiquer pour essayer de discréditer le fond du sujet : quel usage fait-on des 4 milliards d’euros alloués par les Français à l’audiovisuel public ? », a-t-il insisté.
Le député a aussi détaillé sa méthode d’enquête : « Quand je pose des questions et que je n’ai pas de réponse, je reformule la question d’une autre manière, plusieurs fois s’il le faut. J’assume. Je considère que dans une commission d’enquête, il y a un devoir de vérité qui exige de ne pas se dérober aux questions des parlementaires. » Il a par ailleurs salué l’audition de Sibyle Veil, « qui ne s’est jamais défilée ».
En affirmant sa détermination à obtenir des réponses claires sur l’utilisation des fonds publics, Alloncle a maintenu la pression sur les personnalités concernées, malgré la menace de procès proférée par Nagui et qui « plane sur la tête » du député, selon le contexte de l’affaire.
La riposte publique de Nagui : chiffres et menaces de poursuites
Le bras de fer a débuté après une affirmation forte de Charles Alloncle, selon laquelle Nagui serait la personnalité qui « s’est le plus enrichie sur l’argent public » ces dix dernières années. Cette accusation a provoqué une réaction immédiate de l’animateur.
Lundi dernier, sur son compte Instagram, Nagui a publié un long message destiné à répondre au député. Dès les premières lignes, il use d’ironie en lançant : « J’occupe une place toute particulière dans votre cœur », suggérant que l’obsession de l’élu frôlerait le fantasme. Mais l’humour laisse vite place aux chiffres et à la défense de son modèle économique.
Nagui demande de ne pas confondre chiffre d’affaires et argent de poche et présente son activité comme une véritable industrie. À la tête d’Air Productions, il indique gérer 10 000 bulletins de salaire par an et employer près de 200 personnes pour chaque journée de tournage, entre musiciens, monteurs et techniciens.
Selon l’animateur, ses jeux coûtent huit fois moins cher qu’une fiction tout en rapportant d’importantes recettes à France Télévisions. À titre d’exemple chiffré, il affirme que l’émission N’oubliez pas les paroles générerait près de 30 millions d’euros de publicité par an. Ces éléments servent à sa démonstration : il ne coûterait pas cher à l’audiovisuel public, mais lui rapporterait au contraire beaucoup.
Pour marquer sa détermination, Nagui conclut sa réponse en annonçant son intention de porter l’affaire devant la justice. Le conflit, jusque-là politique et médiatique, pourrait donc se retrouver réglé sur le terrain judiciaire si une procédure est effectivement engagée.
Cette confrontation oppose deux logiques : d’un côté, des parlementaires qui cherchent à éclaircir l’usage des fonds publics ; de l’autre, des personnalités de l’audiovisuel qui dénoncent des attaques sur leur intégrité et leur modèle économique. Entre télévision et politique, la tension reste forte et l’affaire continuera vraisemblablement de faire la une tant que la commission poursuivra ses auditions et que les protagonistes maintiendront leurs positions.


