Dimanche 15 mars, lors du premier tour des municipales, quelque 33 000 maires ont été élus dès le premier tour, mais Paris reste l’un des arrondissements décisifs de ces élections. La maire sortante Anne Hidalgo (PS), en poste depuis 2014, cède la place d’un scrutin national marqué par des alliances et des reports de voix. À l’issue du premier tour municipal parisien, Emmanuel Grégoire, ancien adjoint d’Anne Hidalgo, s’est placé en tête avec près de 38 % des voix, tandis que Rachida Dati (Les Républicains) a recueilli un peu plus de 25 %.
Une triangulaire et des alliances qui pèsent
Ces résultats ont ouvert la voie à un second tour, fixé au 22 mars, où les reports et alliances pourraient tout changer. Rachida Dati affirme vouloir « tourner la page de 25 ans de gauche à Paris » et a déjà obtenu des soutiens notables pour tenter de renverser la tendance.
Parmi eux, Pierre-Yves Bournazel, ancien candidat Horizons, a choisi de retirer sa liste pour s’allier à Rachida Dati. Sarah Knafo, soutenue par Reconquête, a également renoncé à poursuivre sa candidature, invoquant « le sens des responsabilités » et le respect des Parisiens. Ces mouvements montrent la polarisation du scrutin : certains électeurs veulent mettre fin à la gestion de gauche, d’autres refusent catégoriquement de voir la droite prendre la capitale.
Josiane Balasko publie les « casseroles » de Rachida Dati
Au cœur de cette campagne tendue, la comédienne Josiane Balasko s’est invitée dans le débat. Agée de 75 ans et connue pour ses prises de position publiques, elle a partagé le 19 mars sur son compte Instagram un post du média Bon Pote intitulé « Les casseroles de Rachida Dati ». Le partage a été interprété comme un désaveu clair envers l’ancienne ministre.
Le post relayé liste plusieurs accusations et soupçons qui pèsent autour de Rachida Dati, tels que des liens supposés avec Carlos Ghosn, GDF-Suez, le Qatar, Orange ou l’Azerbaïdjan, des bijoux potentiellement non déclarés à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP), ainsi que des allégations de complicité dans la détention d’un ressortissant français au Qatar. Ces éléments sont présentés comme des « casseroles » par le média partagé par Balasko ; il s’agit d’allégations qui ont été évoquées publiquement mais qui n’ont pas toutes été jugées ou établies de manière définitive.
En partageant ce contenu, Josiane Balasko a clairement exprimé son opposition à la candidature de Rachida Dati sans formuler, dans le post relayé, d’analyse judiciaire ou d’avis définitif sur la véracité des accusations évoquées. Le partage sur les réseaux sociaux s’inscrit dans une logique de polarisation où les personnalités publiques prennent position devant leurs abonnés.
Un engagement politique de longue date
La prise de position de Balasko n’est pas une surprise pour qui suit ses engagements. La comédienne, mère de Marilou Berry, a déjà affiché publiquement ses préférences politiques par le passé. En 2012, elle avait soutenu François Hollande et participé aux célébrations place de la Bastille après sa victoire. En 2017, elle avait fait connaître son soutien au Parti communiste français lors des élections législatives.
Plus récemment, en 2024, elle a pris part à un rassemblement contre l’extrême droite place de la République. Professionnellement, Balasko est également active sur scène ; elle jouait alors dans la pièce Ça, c’est l’amour, ce qui lui confère une visibilité médiatique supplémentaire et amplifie l’écho de ses prises de position.
Ces interventions d’artistes et de personnalités publiques font partie des dynamiques habituelles des campagnes politiques. Elles peuvent influencer certains électeurs, mais elles suscitent aussi des réactions contraires. À moins de trois jours du second tour à Paris, rares sont les voix capables de modifier à elles seules l’équilibre des reports et des alliances. Le 22 mars dira si ces soutiens et ces attaques auront pesé dans la balance.


