Dix-sept ans après sa victoire à la Star Academy, en octobre 2008, Mickels Réa se confie. Souvent présenté comme « le gagnant oublié » du télé-crochet, il revient auprès de Public sur son parcours, la fin de l’émission, son retrait médiatique et ses nouveaux projets. L’artiste ne s’est jamais éloigné de la musique, mais il a choisi une trajectoire discrète, loin des feux des plateaux.
« Le sous-marin » : une victoire vécue en retrait
Interrogé sur les polémiques qui ont marqué sa saison — audiences en berne, castings controversés, et la mise en pause du programme par TF1 — Mickels se montre mesuré. « Honnêtement, je suis resté très extérieur à tout ça. Pur instinct de survie, je présume », confie-t-il, se décrivant comme un « sous-marin » qui préférait rester dans l’ombre plutôt que de se laisser atteindre par les tumultes à la surface.
Il évoque aussi l’environnement atypique de sa promotion : contrairement à la plupart des saisons, les candidats n’ont pas vécu au château des Vives-Eaux. « Je n’attache que très peu, si ce n’est aucune importance à ces choses-là », explique Mickels, jugeant que le lieu où ils étaient avait « tous les attraits du château, sans la façade ».
Sur le plan professionnel, la victoire a provoqué un bouleversement psychologique important. « On doit se ré-approprier sa propre vie », dit-il. La réussite soudaine entraîne des changements d’ordre financier et personnel, mais c’est surtout le regard des autres qui l’a le plus perturbé. « Ce qui m’a probablement le plus perturbé est le regard des autres », confie-t-il.
Un projet artistique ambitieux mais mal synchronisé
Mickels admet que sa trajectoire après la Star Academy n’a pas suivi le chemin classique des lauréats. Il explique avoir développé un projet ambitieux chez Universal : un concept-album accompagné d’un film, des visuels d’animation 2D/3D et des titres parfois longs, « plus de 7 minutes ». Ce positionnement artistique, selon lui, était mal adapté au timing nécessaire pour rebondir après un tremplin télévisé.
La suite a souffert d’un manque d’accompagnement. « J’ai cruellement manqué d’accompagnement, c’est une certitude », dit-il, pointant le départ et le renouvellement des équipes chez Universal (DG, DA…) comme un facteur qui a compliqué la prise en charge de son projet.
Pour autant, il rejette l’idée d’une disparition : « Je parlerais plutôt d’un retrait que d’une disparition. Je n’ai jamais quitté la musique. » Il détaille un travail en coulisses : composer, arranger, réaliser pour d’autres artistes, gérer des studios d’enregistrement, produire et éditer des compositeurs émergents. La musique de film est devenue un axe majeur de son activité.
Relations avec la production et regard sur la nouvelle génération
Contrairement aux rumeurs, Mickels affirme avoir été contacté pour la première émission anniversaire de la Star Academy. Il a décliné l’invitation car sa fille avait alors deux mois et sa compagne, Cindy Colpaert, était hospitalisée. Il suppose qu’un malentendu a pu laisser croire à un refus définitif de sa part. « La production a toujours été bienveillante à mon égard », assure-t-il.
S’il venait à être invité pour une spéciale, il se dit prêt à y participer, voire à intervenir sur une saison entière pour endosser un rôle de « grand frère » ou de coach. Multi-instrumentiste et souvent perçu comme l’un des plus âgés de sa promotion, il rappelle avoir aidé et tempéré les tensions parmi les candidats à l’époque.
Sur la nouvelle génération, Mickels observe une montée des compétences techniques vocales et un effet d’émulation dû à des formats comme The Voice. Mais il insiste : « Pour moi, le fond prime. » Il cite Radiohead, Jeff Buckley et Bowie en exemples d’artistes qui creusent leur propre matière émotionnelle. « Il vaut mieux chanter moyen avec le cœur que chanter très bien en surface », affirme-t-il, défendant l’idée que la fragilité et l’émotion font souvent la force d’un artiste.
Projets actuels : musique de film et nouvel album
Artistiquement, Mickels a amorcé une nouvelle dynamique autour de deux axes liés : la musique de film et la préparation d’un premier album personnel qu’il qualifie de « véritable accouchement ». Il dit avoir initié son parcours dans l’univers du film aux côtés d’Éric Serra, le compositeur emblématique des films de Luc Besson.
Si cette interview devait marquer un retour, il voudrait qu’on retienne une chose : « Si on ne m’a que très peu entendu pendant un temps, je ne me suis jamais égaré. J’avais probablement besoin de ce temps pour mieux me retrouver, vous retrouver. »
Dans sa vie personnelle, Mickels vit aux côtés de Cindy Colpaert, connue pour avoir été révélée par Nos Jours Heureux en 2006. Le couple est parent d’une petite fille qui « va souffler ses six bougies au printemps à venir ». L’artiste, tout en restant discret, semble préparé à reparaître sur le devant de la scène à sa manière, entre studio, bandes originales et un album longtemps mûri.


