Deux joueurs français de tennis, Quentin Folliot et Maxime Hamou, ont été interpellés et placés en garde à vue par des enquêteurs en région parisienne. L’information, relayée par Le Parisien ce mardi 10 mars 2026, précise que c’est le Service central des courses et jeux — une unité de la direction nationale de la Police judiciaire — qui a procédé aux interpellations dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de matchs truqués.
Quentin Folliot : déjà suspendu vingt ans, aujourd’hui visé par une enquête pénale
Quentin Folliot, 27 ans, avait été suspendu pour vingt ans en décembre dernier par l’Agence internationale pour l’intégrité du tennis (ITIA). Cette sanction faisait suite à une enquête le désignant comme une « figure centrale » d’un réseau criminel présumé impliqué dans la manipulation de résultats.
Selon Le Parisien, l’ITIA a retenu contre lui 27 violations des règles, parmi lesquelles la manipulation de matchs, l’acceptation d’argent en échange de défaites arrangées, des tentatives de corruption visant d’autres joueurs, la destruction d’éléments de preuve et le refus de collaborer avec l’enquête indépendante. Sa carrière sur le circuit professionnel s’est achevée après une défaite en double disputée au Brésil en mars 2024.
Outre la suspension, la décision de l’ITIA l’a frappé d’interdictions strictes : il ne peut ni entraîner ni assister à des tournois officiels pendant la durée de la sanction. La sanction financière accompagne l’interdiction : une amende de 70 000 dollars (un peu plus de 60 000 euros) assortie de la restitution de gains jugés illégitimes, soit plus de 44 600 dollars (environ 37 000 euros), selon les éléments publiés.
Dans sa décision, le juge indépendant qui a instruit le dossier de l’ITIA a estimé que « ses agissements répréhensibles ne se limitaient pas à ses propres matchs. Il agissait comme un vecteur pour une organisation criminelle plus large, recrutant activement d’autres joueurs et tentant d’ancrer plus profondément la corruption dans les circuits professionnels ». Cette formulation souligne le rôle supposé de Folliot au-delà d’actions isolées.
Maxime Hamou : comportement passé sous les projecteurs, liens avec l’affaire encore flous
Maxime Hamou, 30 ans, a été interpellé en même temps que Folliot. L’article du Parisien précise qu’il n’avait jamais été officiellement lié à des affaires de trucage avant ces nouvelles investigations. Le texte ajoute toutefois qu’il « semblerait » qu’il ait lui aussi cédé à des tentations financières, formulation qui traduit l’existence d’indices mais pas, à ce stade public, de preuves concrètes rendues publiques.
Ancien 211e joueur mondial en 2015, Hamou s’était fait connaître pour son potentiel chez les juniors, mais aussi pour un tempérament qui a freiné sa progression. En 2017, la Fédération française de tennis lui avait retiré son accréditation à Roland-Garros après un comportement jugé inapproprié envers une journaliste lors d’une émission diffusée sur Eurosport, à la suite de sa défaite au premier tour face au joueur uruguayen Pablo Cuevas. Cet épisode avait fait la une et entaché son image publique.
Les enquêteurs du Service central des courses et jeux cherchent à établir la nature et l’étendue des liens présumés entre les deux joueurs et d’éventuels réseaux. À ce stade, les éléments révélés publiquement proviennent principalement des documents et des constats de l’ITIA pour Folliot, ainsi que des informations reprises par Le Parisien concernant les interpellations. Les suites judiciaires dépendront désormais des auditions en garde à vue et des investigations complémentaires.
Cette affaire vient relancer les inquiétudes sur la vulnérabilité du tennis face aux pressions financières et aux tentatives de corruption, particulièrement sur les circuits secondaires où les gains sont modestes. Les autorités sportives et judiciaires, nationales et internationales, suivent de près les développements de l’enquête.
Les gardes à vue de Quentin Folliot et Maxime Hamou marquent une nouvelle étape dans une affaire qui mêle sanction sportive et volet pénal. Les lecteurs seront attentifs aux communiqués officiels futurs et aux décisions judiciaires qui clarifieront les responsabilités et les faits reprochés.


