Ce mercredi marque la sortie en salles de Marsupilami, la nouvelle superproduction française portée par Philippe Lacheau et librement inspirée de l’univers créé par Franquin. Promu comme un divertissement familial à gros budget, le film suscite déjà une polémique après la critique virulente d’Hugues Dayez, l’un des journalistes cinéma les plus en vue du paysage francophone.
Un projet calibré pour le grand public
Sur le papier, Marsupilami coche de nombreuses cases : un héros culte de la bande dessinée franco‑belge, une distribution composée de figures populaires et la signature d’un réalisateur identifié au registre comique. Aux côtés de Philippe Lacheau, on retrouve notamment Alban Ivanov et Tarek Boudali, ainsi que des apparitions de comédiens plus confirmés.
Le budget du film est estimé à 29 millions d’euros, somme conséquente pour une production hexagonale. L’objectif affiché était clair : proposer un spectacle familial rassembleur, mêlant humour, aventures exotiques et effets spéciaux visibles.
Hugues Dayez ne ménage pas le film
Pourtant, la réception critique ne suit pas l’ambition affichée. Dans sa chronique sur La Première (RTBF), Hugues Dayez a livré une critique sans concession, qualifiant Marsupilami de « navet à 29 millions d’euros ». D’emblée, il invite les spectateurs à la prudence : « Passez votre chemin ! Ce film n’est pas pour vous ! ».
Le journaliste s’interroge sur le positionnement du long‑métrage. Officiellement destiné aux familles et aux enfants, le film multiplierait, selon lui, des gags et des références inadaptés au très jeune public. « Il est objectivement pour les enfants. Mais à partir du moment où il y a des gags avec du Viagra et des cuvettes de WC, je me demande si c’est vraiment un film à montrer aux enfants », argue-t-il, pointant une ambiguïté éditoriale qui, d’après lui, empêche le film de trouver sa cible.
Sur la forme, Dayez ne se montre guère plus indulgent. Il fustige une réalisation qu’il juge sans inspiration, une direction artistique « catastrophique » et un rendu visuel indigne du budget annoncé : « Tout est affligeant dans ce très onéreux navet. Les gags sont poussifs, la direction photo d’une laideur abyssale. » Il critique également les effets numériques du Marsupilami, évoquant « une pénible copie d’un Gremlin ». Ces attaques visent directement l’un des piliers techniques du projet.
Aujourd’hui sort en salles une nouvelle adaptation (🙄) du Marsupilami, par Philippe Lacheau… Pour la @RTBF (bien légitimes à commenter ce qu’on fait de leur icône nationale, non?), La chronique d’Hugues Dayez est absolument parfaite.💖 #Marsupilami #navet pic.twitter.com/4QadFkOOkv
Ce tweet, largement repris, illustre la viralité de la critique et la polarisation autour du film depuis sa sortie.
La « bande à Fifi » et les apparitions critiquées
Autre point d’achoppement souligné par Hugues Dayez : le casting et le recours, une nouvelle fois, à la « bande à Fifi », le collectif d’humoristes récurrent autour de Philippe Lacheau. « Le jeu outrancier des acteurs est insupportable. Lacheau arrive toujours à placer ses potes, des histrions de bas étage », lâche le critique.
Il n’épargne pas non plus les vedettes venues pour des apparitions : Jean Reno, Gérard Jugnot ou Didier Bourdon sont, selon lui, des signatures qui se contenteraient de toucher leur cachet sans véritable implication artistique. Ces remarques relancent le débat sur le rôle des caméos et la pertinence de tels choix dans une superproduction destinée aux familles.
Malgré la fronde critique, Marsupilami semble attirer un public au démarrage : le film est en tête des premières séances parisiennes des nouveautés de mercredi, avec 1 220 spectateurs recensés, selon le site « Zickma ».
Entre l’ambition industrielle et la réception critique immédiate, Marsupilami inaugure donc sa carrière en salles sous haute tension. La controverse autour des choix artistiques et du ton du film promet de nourrir les débats public et médiatique dans les prochains jours.


