Depuis sa victoire à la Star Academy face à Ebony, Marine Delplace est passée d’une vie de dentiste à celle d’une artiste populaire de la scène française. Sa voix et son univers ont séduit un large public, mais un élément de sa personnalité continue de susciter des réactions contrastées : son accent ch’ti, très présent lorsqu’elle s’exprime.
Une authenticité assumée qui dérange parfois
Lors de son passage dans La Boîte à questions sur Canal+, Marine Delplace a abordé sans détour les critiques liées à son accent. Elle admet travailler à le moduler, tout en expliquant qu’il revient instinctivement dès que l’émotion la gagne. « Des fois j’essaye de le maîtriser, mais je n’y arrive pas, le naturel revient toujours. C’est surtout quand je suis calme, posée, ça va, j’arrive à parler normalement. Mais dès que je vais commencer à m’énerver, ça va être… Enfin vraiment, c’est horrible », confie-t-elle.
Si ces mots témoignent d’une lucidité sur sa propre manière de parler, Marine relativise aussi la plupart des attaques. Elle rapporte les commentaires d’internautes qui prennent pour cible son accent : « Des fois, je vois des commentaires… ‘Très jolie, mais parle comme une poissonnière’. ‘Euh, charmante, mais dès qu’elle ouvre la bouche, ça gâche tout’ », rapporte-t-elle en riant, ce qui laisse supposer que ces remarques la touchent moins qu’on pourrait le croire.
Sur les réseaux, l’authenticité paie parfois au prix d’un sermonnage public. Un message partagé en ligne illustre ce décalage : « Accent ch’ti un jour, accent ch’ti toujours… hein Marine ? 😜 pic.twitter.com/HdDTXrzTkE », une capture qui circule et alimente commentaires et moqueries. Marine, elle, semble capable de les prendre avec humour, sauf lorsque la remarque dépasse la plaisanterie.
Quand la scène devient le lieu d’une réponse
Marine n’hésite pas à monter au créneau lorsqu’elle estime que la critique dépasse les bornes. À l’occasion d’un concert au Cirque royal de Bruxelles, le 7 janvier dernier, elle a directement répondu à certaines réactions nées d’une prestation télévisée.
La polémique avait démarré après son passage sur France 2 le soir du Nouvel An. Accompagnée de danseuses et vêtue d’une tenue colorée, elle avait interprété son titre « Cœur Maladroit ». Certains téléspectateurs avaient alors épinglé ses pas de danse et son accoutrement, estimant que la prestation ne correspondait pas à leurs attentes.
Sur scène à Bruxelles, Marine a choisi l’autodérision pour réagir. Alors qu’elle chantait « Fille ordinaire », elle a modifié l’un des vers, remplaçant « J’mets des robes qu’il faut pas » par « J’fais des danses qu’il faut pas », une référence explicite à la prestation critiquée. Plus tard dans la soirée, elle a exécuté quelques pas de la fameuse chorégraphie, démontrant qu’elle savait rire de sa « contre-performance » plutôt que de se laisser abattre.
Ce mélange d’humour et de mise au défi illustre la stratégie choisie par l’artiste : calmer les tensions par la dérision, tout en affirmant sa capacité à répondre frontalement quand il le faut. Sa réaction montre aussi que la scène peut servir de terrain d’explication plus efficace que les messages anonymes des réseaux sociaux.
Marine Delplace trace ainsi sa route entre authenticité régionale et exigences de la visibilité nationale. Si son accent ch’ti reste un marqueur identitaire assumé, il alimente également débats et commentaires. L’artiste, quant à elle, semble avoir fait le choix de l’ancrage et de l’autodérision — une tactique qui, pour l’heure, lui permet de désamorcer les critiques sans renier ses origines.


