Emmanuel Macron affirme vouloir tenir « jusqu’au dernier quart d’heure », mais l’entretien qu’il a accordé à Brut, jeudi 5 février 2026, l’a invité à revenir sur son bilan et son rapport au temps. À l’approche des prochaines élections présidentielles, le président a répété qu’il n’était « pas encore aux regrets » et a renvoyé toute décision à l’avenir: « Je pourrais vous dire dans un an et demi », a-t-il déclaré.
Une expression populaire remise en perspective
Interrogé par Brut, Emmanuel Macron a été amené à réagir à plusieurs vidéos où circule l’expression « la France à Macron », souvent utilisée pour commenter la précarité ou le ressenti d’une partie de la population. Ces vidéos, largement partagées sur les réseaux, l’ont conduit à évoquer un lien particulier entre sa présidence et une génération d’adolescents.
« Moi je suis conscient (que) pour plein d’ados, ils ont connu que moi », a reconnu le chef de l’État, ajoutant: « Ça fait neuf ans que je suis là, c’est long pour les gens ! » Cette observation admet l’impact temporel d’un mandat prolongé sur la perception collective, surtout chez des jeunes dont la conscience politique s’est construite durant son quinquennat et son septennat suivant.
Entre regrets mesurés et bilan nuancé
S’il assure ne pas encore être dans une posture de regrets, Emmanuel Macron concède néanmoins des imperfections. Il a admis qu’il aurait « adoré aller plus vite, sur les rythmes scolaires par exemple ». Il a poursuivi: « Il y a des choses qu’on n’a pas réussies, parce qu’on les avait ou pas bien comprises, ou pas bien expliquées aux autres, ou imparfaitement faites ». Ces mots reconnaissent des erreurs d’exécution ou de communication sans pour autant annoncer un changement de cap immédiat.
Le président ne réduit pas l’expression « la France à Macron » à un simple reproche. Pour lui, elle reflète aussi « qu’on a quand même traversé de drôles de périodes » et « vécu des sacrés trucs ». « On en a traversées mais à la fin, on a quand même bien tenu », a-t-il ajouté, cherchant à inscrire son mandat dans la durée et la résilience face aux crises.
La séquence a été relayée par Brut et reprise sur les réseaux. Un extrait partagé sur X (anciennement Twitter) montre le passage où il prononce la phrase « Ça fait neuf ans que je suis là, c’est long pour les gens ». Le message accompagnant la vidéo mentionne la source: (Brut). Voici le lien vers le tweet cité: https://t.co/ErWXQDkeVO
Réactions sur les réseaux et enjeux politiques
Les déclarations du président ont suscité des réactions immédiates, notamment sur X où utilisateurs et observateurs politiques ont commenté tour à tour l’aveu de durée et les regrets mesurés. Certains y voient un signe de lucidité et d’humanité; d’autres estiment que l’aveu de « choses qu’on n’a pas réussies » ne suffit pas face aux problèmes pointés dans les vidéos évoquant la précarité.
Sur le plan politique, la reconnaissance de limites dans la mise en œuvre de réformes — citant explicitement les rythmes scolaires — offre des angles de critique pour ses adversaires et des pistes de discours pour ses éventuels soutiens. Macron se place, dans cet entretien, à la croisée du bilan personnel et d’une défense plus large de son action face aux crises traversées.
Un mandat qui reste au centre du récit
La tonalité de l’entretien oscille entre modestie affichée et volonté de tenir le cap. En rappelant sa présence de longue durée au pouvoir, Emmanuel Macron n’ignore pas l’usure politique possible, mais il relativise en évoquant aussi le socle d’expérience collective constitué au fil des années.
À moins de préciser lui‑même ses intentions pour l’avenir, ses propos laissent la porte ouverte: pas encore de regrets définitifs, mais une conscience des manques et des attentes. Dans le paysage médiatique et politique, ces déclarations nourriront à la fois le débat public et les analyses sur ce que représente aujourd’hui « la France à Macron » pour différentes générations.
(Entretien diffusé par Brut, jeudi 5 février 2026.)


