En 2012, à 18 ans, Louis Delort accède à la notoriété nationale en rejoignant le casting de la première saison de The Voice, le télé‑crochet événement de TF1 suivi par plus de huit millions de téléspectateurs. Le jeune chanteur grimpe jusqu’en finale mais s’incline face à Stephan Rizon. Treize ans plus tard, il réapparaît sur le devant de la scène en intégrant la comédie musicale Le Roi Soleil, où il remplace Christophe Maé dans le rôle‑titre. Ce retour marque un nouveau chapitre après une carrière marquée par une ascension rapide, une période d’effacement volontaire et une reconstruction artistique discrète mais déterminée.
De l’émergence médiatique aux récompenses
La visibilité offerte par The Voice a propulsé Louis Delort sous les projecteurs. Immédiatement après l’émission, il publie un premier clip, Sur ma peau, qui rencontre un joli succès. L’année suivante, il reçoit le NRJ Music Award de la révélation francophone de l’année 2013, distinction qui confirme son statut de jeune talent apprécié du grand public.
Parallèlement à cette exposition, Louis Delort est choisi pour des rôles importants sur scène. Dix ans après avoir incarné le rôle principal de 1789 : Les Amants de La Bastille, il retrouve la comédie musicale en prenant la suite d’un artiste établi, Christophe Maé, dans Le Roi Soleil. Ce parcours montre une double facette : une présence télévisuelle massive puis une trajectoire scénique soutenue, moins dépendante des médias mais exigeante sur le plan artistique.
Une pause imposée par une expérience professionnelle douloureuse
Malgré les succès, le chanteur confie au Parisien avoir vécu une période tumultueuse qui l’a éloigné des projecteurs. « J’ai eu une mauvaise expérience avec une manageuse vraiment dingue, qui m’a pourri la vie. J’ai décidé de quitter Paris, de retourner dans ma campagne. J’ai reconstruit mon travail tout seul, avec forcément moins d’exposition », explique‑t‑il.
Louis Delort relate une frustration créative : il ne faisait pas « la musique que j’aimais ». La pression commerciale et la contrainte de travailler avec des auteurs‑compositeurs imposés l’ont éloigné de ses ambitions de composition personnelle. « J’avais cette pression de faire des trucs qui marchent. Ce n’était pas une période très happy, artistiquement parlant », admet‑il. Face à ces tensions, il choisit le retrait plutôt que la compromission, préférant reconstruire sa carrière à son rythme loin des ors médiatiques.
Retour à la musique, vie familiale et équilibre retrouvé
Au fil des années, Louis Delort a réorganisé sa vie et son projet artistique. Il est fiancé, et a fondé avec sa compagne Angèle le groupe Sound From Anima. Le couple est devenu parent : ils ont un petit garçon prénommé Léon, qu’ils initient à la musique. Le quotidien de l’artiste se partage désormais entre scènes et retour au calme familial. « Dès que le rideau tombe, je jette mon micro et je cours prendre un train qui me ramène dans mon petit village de l’Ain, près de ma famille », confie‑t‑il, illustrant ce choix de vie ancré dans la proximité et la simplicité.
Sa décision de quitter temporairement la capitale pour la campagne a réduit son exposition médiatique, mais lui a permis de retrouver une liberté artistique et un bien‑être personnel. Aujourd’hui, ce nouveau chapitre inclut la réapparition dans une grande production musicale, preuve qu’il a su réconcilier son désir de création avec les exigences du spectacle vivant.
En somme, le parcours de Louis Delort illustre la trajectoire d’un artiste émergé sous les projecteurs d’un télé‑crochet, confronté aux dérives de la célébrité précoce, puis revenu à un équilibre professionnel et familial construit loin du tumulte médiatique. Son retour dans Le Roi Soleil marque une étape symbolique de cette reconstruction.


