Lilie, 14 ans, retrouvée par Audrey Crespo-Mara : adolescente transgenre soutenue par sa famille mais bloquée par le refus administratif de changer de prénom

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C’était il y a cinq ans déjà. En septembre 2020, une interview sur le plateau de Sept à Huit avait révélé au grand public le parcours hors norme d’une fillette de 8 ans : Lilie, accompagnée de sa maman Chrystelle et interviewée par Audrey Crespo‑Mara, y faisait son coming out trans. Elle expliquait être « née dans le mauvais corps » et n’avoir « jamais eu la sensation d’être un garçon ». Cinq ans plus tard, ce dimanche 4 janvier, TF1 retrouve la famille pour un nouveau témoignage. Rien n’a changé sur l’essentiel : la petite fille a grandi, elle a presque 14 ans, et elle affirme toujours être une fille née dans un mauvais corps.

Un témoignage qui perdure

« Sourire aux lèvres et regard malicieux, Lilie est heureuse de nous revoir. Nous avons fait sa connaissance il y a 5 ans. Elle était déjà convaincue d’être une fille enfermée dans un corps de garçon », écrit TF1 sur X en présentant le reportage. La jeune adolescente livre un récit cohérent et constant. « Quand je suis née, j’avais un corps de garçon, et moi dans mon esprit, j’ai toujours été une fille », confie-t‑elle face caméra.

Son sentiment d’inadéquation remonte à la petite enfance. Selon le récit, le malaise s’est manifesté dès l’âge de 3 ans : en maternelle, elle ne comprenait pas pourquoi elle était placée dans le groupe des garçons et pas dans celui des filles. Progressivement, ce mal-être s’est aggravé. La famille rapporte que l’enfant « ne mange plus, ne dort pas trop, ne grandit pas » et qu’à 7 ans elle a traversé une « profonde dépression ».

La souffrance a été telle que des « idées suicidaires » ont alarmé les parents. Confrontés à cette situation, Chrystelle et son compagnon se sont documentés pour accompagner leur enfant. Lilie, elle, a exprimé clairement ses désirs : « Je lui dis que je veux changer de corps, je veux changer mon prénom et je veux laisser pousser mes cheveux », se souvient‑elle dans le reportage. Ce témoignage met en lumière la constance d’une identité assumée depuis l’enfance.

Un obstacle administratif et une bataille judiciaire

Malgré le soutien familial et scolaire — qui appellent la jeune fille par son prénom choisi — la procédure administrative n’a pas suivi. L’état civil conserve encore ce que l’article qualifie de « death name », c’est‑à‑dire le prénom de naissance que Lilie ne souhaite plus porter. La famille a rencontré des refus pour faire modifier ce prénom à l’état civil.

Le dossier, selon les informations rapportées, a été instruit par le procureur de Carpentras, qui aurait exigé comme condition au changement de prénom la preuve d’une « procédure irréversible de changement de sexe ». Or, depuis une réforme de 2016, la législation française permet de demander un changement de prénom sans exiger de traitements médicaux irréversibles. Le texte de loi prévoit qu’une personne peut solliciter un changement de prénom si elle justifie d’un « intérêt légitime ». Cette possibilité s’applique également aux mineurs, avec l’accord de leurs représentants légaux.

Le refus opposé par le procureur a donc été jugé, d’après l’article d’origine, « non conforme à l’esprit de la loi ». La famille a contesté la décision et saisi un juge aux affaires familiales pour obtenir la rectification de l’état civil. Le dossier illustre les tensions possibles entre la réalité vécue par des mineurs trans et les pratiques administratives ou judiciaires locales.

Une famille mobilisée, une adolescence en devenir

Pour l’instant, la priorité de la famille reste le bien‑être de Lilie au quotidien. Sa mère, éducatrice, raconte l’épuisement et l’angoisse éprouvés lorsque la fillette évoquait la mort à 7 ans. Les parents se sont informés, ont cherché des appuis médicaux et psychologiques et tentent de protéger l’adolescente face aux procédures qui traînent.

Le portrait dressé dans le nouveau numéro de Sept à Huit montre une adolescente qui semble avoir retrouvé, en grande partie, le goût de vivre : « Sourire aux lèvres et regard malicieux », écrit la chaîne. Mais l’enjeu administratif et juridique demeure. La suite de ce dossier dépendra des décisions du juge aux affaires familiales et des autorités compétentes.

Ce nouveau reportage rappelle combien les parcours trans‑identitaires, surtout lorsqu’ils commencent très tôt, se heurtent parfois à des lenteurs et des incompréhensions institutionnelles, alors que la souffrance des jeunes concernés peut être majeure et durable.

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