Ce 8 janvier 2026, TF1 propose Master Crimes, une nouvelle série policière portée par Muriel Robin et Anne Le Nen. L’événement télé sert de prétexte pour revenir sur une étape marquante et douloureuse de la carrière de Muriel Robin : son remplacement dans Les Visiteurs 2 : Les Couloirs du temps.
Du raz-de-marée de 1993 aux attentes de la suite
En 1993, Les Visiteurs de Jean-Marie Poiré rencontre un succès massif : près de 14 millions d’entrées et un phénomène culturel qui propulse Jean Reno et Christian Clavier en duo mythique. Valérie Lemercier, dans le double rôle de Béatrice de Montmirail et Frénégonde de Pouille, y décroche notamment le César du meilleur second rôle féminin.
La suite est donc attendue avec impatience. Cinq ans plus tard, quand Les Visiteurs 2 entre en production, un changement majeur survient : Valérie Lemercier refuse de reprendre son rôle. Elle expliquera ultérieurement que sa décision n’était pas motivée par l’argent ni par la notoriété, mais par une déception face au scénario et par son ressenti sur le premier tournage.
Un désaccord ancien et un remplacement délicat
Valérie Lemercier évoque une expérience où elle s’est sentie « à l’écart de la ‘bande’ », isolée sur un plateau déjà très lié au réalisateur et aux acteurs principaux. Ce malaise la conduit à décliner la proposition de reprendre Béatrice/Frénégonde.
Le rôle est alors proposé à Muriel Robin, choix logique sur le papier : humoriste populaire et comédienne reconnue, elle semblait pouvoir incarner la verve et l’énergie du personnage. Sur le tournage, pourtant, les tensions apparaissent. Muriel Robin racontera plus tard avoir « patiné toute seule » et ne pas s’être sentie désirée pour ce rôle.
Elle ira jusqu’à qualifier sa propre prestation de ratée, estimant que la direction artistique attendait moins une version « Béatrice de Montmirail version Muriel Robin » que la reprise du jeu de Valérie Lemercier. « Le metteur en scène ne voulait pas Béatrice de Montmirail version Muriel Robin, il voulait Valérie Lemercier », confiera-t-elle au fil de ses interventions médiatiques.
Succès public, inconfort personnel
Le paradoxe est frappant : malgré les réserves critiques, Les Visiteurs 2 attire plus de 8 millions de spectateurs en salles en 1998. Le film se classe parmi les succès de l’année, mais ce triomphe public masque un souvenir éprouvant pour Muriel Robin.
Elle explique qu’une telle réussite collective n’efface pas la sensation d’avoir été mal intégrée sur un projet où l’identité d’origine du personnage était profondément marquée. L’expérience a laissé sur l’artiste une blessure d’ego et un questionnement sur son choix d’accepter ce remplacement.
La position de Valérie Lemercier et l’enseignement pour les franchises
Valérie Lemercier, pour sa part, n’a jamais cherché à accabler sa remplaçante. Elle a pointé plutôt un problème de conception : selon elle, les scénaristes auraient dû imaginer un rôle inédit, adapté aux codes et aux tics d’une nouvelle interprète. Reprendre un personnage fortement identifié après une performance marquante est, selon elle, une tâche presque impossible.
Cette affaire illustre une réalité souvent méconnue des grosses productions et franchises : derrière les chiffres et la nostalgie, il y a des désaccords artistiques, des attentes difficiles, et des comédiens qui peuvent se sentir étrangés par un projet. Pour Muriel Robin comme pour Valérie Lemercier, Les Visiteurs demeure un jalon important, à la fois dans le succès et dans la complexité des parcours personnels.
Aujourd’hui, Muriel Robin continue de sélectionner ses projets avec exigence et privilégie ceux où elle se sent pleinement légitime. La diffusion de Master Crimes, ce 8 janvier 2026 sur TF1, montre une artiste toujours présente et investie, loin des « couloirs du temps » et des regrets liés à un tournage qui a marqué sa carrière.


