Laurent Romejko a tranché. Figure familière des après-midi télé depuis les années 1990, l’animateur a déclaré qu’il ne participerait pas à une éventuelle reprise du jeu Des chiffres et des lettres, qu’il a présenté de 1992 à 2024. Sa réponse, lapidaire et assumée — « ce sera sans moi » — marque une séparation nette entre l’homme et le programme qui a façonné une grande partie de sa carrière.
Un nouveau cap professionnel et un regard sur le Finistère
Plutôt que de se projeter dans une renaissance télévisuelle, Laurent Romejko se tourne vers d’autres formats. Il présente notamment le documentaire Finistère : ces Bretons du bout du monde, diffusé sur France 3 le 1er avril à 21h10. Le film propose, selon lui, une immersion humaine et sensible dans un territoire souvent réduit à ses clichés.
« On ne voulait pas que de la coiffe, que du cidre et que de la crêpe », a expliqué l’animateur, résumant la volonté de son équipe de dépasser les images d’Épinal. Leur objectif était, dit-il, de sonder « l’âme finistérienne » en rencontrant habitants et acteurs locaux, et en montrant tant les traditions que les contradictions du territoire.
Les liens tissés sur le plateau
Impossible d’évoquer Laurent Romejko sans revenir à Des chiffres et des lettres, programme qui a été pour lui plus qu’un simple emploi. Après plus de trente ans à animer l’émission, il évoque la nostalgie des moments partagés avec ses collègues, citant notamment Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard. Ces collaborations professionnelles se sont muées en amitiés : « quelques journées passées par mois avec mes camarades », confie-t-il, ajoutant que ce sont ces instants qui lui manquent le plus.
Avec franchise, il reconnaît aussi la nécessité de tourner la page : « Ça a été une très longue page dans ma carrière, elle s’est tournée ». Il va plus loin en estimant que cette période aurait pu s’achever plus tôt : « Je pense que le livre aurait pu être un peu moins épais et j’aurais pu le refermer avant ça », dit-il, rappelant que la longévité d’un parcours public comporte aussi des moments où il faut savoir stopper.
Un refus sans ambiguïté
La question d’un retour de jeux cultes à l’écran se pose régulièrement dans un paysage audiovisuel friand de revival. Mais quand il s’agit précisément de Des chiffres et des lettres, Romejko exclut désormais toute participation : « Si l’émission revient, ce sera sans moi », a-t-il déclaré, formule reprise et relayée sur les réseaux sociaux.
La déclaration a été partagée en ligne, notamment via un message relayé par Le Buzz TV sur Twitter (Le Buzz TV pic.twitter.com/tb0Ia08FSz), soulignant l’écho pris par l’annonce auprès des observateurs de la télévision. Le ton est volontairement catégorique : l’animateur préfère préserver l’image d’une « belle histoire » plutôt que participer à une éventuelle renaissance qui risquerait d’altérer le souvenir laissé par des décennies de diffusion.
Ce positionnement s’inscrit dans une logique de préservation d’un héritage professionnel. Plutôt que de céder à la nostalgie ou à une relance qui ne lui convient pas, Romejko choisit de valoriser d’autres projets, y compris des formats documentaires plus intimistes et territoriaux.
Une fin de chapitre assumée
Pour le public, l’annonce clôt symboliquement une ère : Des chiffres et des lettres restera, pour beaucoup, associé à la silhouette de l’animateur et aux longues années de complicité avec ses collègues. Pour Romejko, le refus d’un retour n’est pas seulement un choix professionnel, il s’agit aussi d’une manière de contrôler la narration de sa carrière.
En privilégiant des formats comme le documentaire sur le Finistère, il montre qu’il souhaite désormais porter une autre parole publique, centrée sur la rencontre et le récit de territoires. Reste à savoir comment le paysage audiovisuel français accueillera cette nouvelle orientation et quelle place resterait à d’éventuels retour de programmes cultes sans ses animatrices et animateurs historiques.


