Karine Le Marchand n’en est pas à son premier engagement sur des questions de société. Connue pour avoir donné la parole aux agriculteurs dans L’amour est dans le pré, puis pour s’être intéressée aux mécanismes du pouvoir politique, l’animatrice de M6 engage aujourd’hui son image et sa parole sur un dossier sensible : l’immigration. À l’approche de la diffusion de son nouveau documentaire, Les Nouveaux Français, 100 ans d’immigration, elle multiplie les prises de parole et tente d’apporter une perspective historique au débat public, provoquant réactions et discussions médiatiques.
Un documentaire pour replacer l’immigration dans une perspective historique
Le documentaire Les nouveaux Français, 100 ans d’immigration, qui sera diffusé sur M6 à partir du 9 février, ambitionne de sortir la question migratoire des formules simples et des postures idéologiques. Karine Le Marchand explique vouloir « mettre en parallèle la vie des personnes concernées et les grandes décisions politiques qui nous ont conduites à la situation actuelle », lors de son entretien sur BFMTV.
À travers témoignages et archives, le film retrace un siècle d’immigration en France. L’objectif affiché est de montrer comment les vagues successives ont contribué à façonner la société française et, corrélativement, comment certaines décisions politiques ont parfois aggravé des situations déjà complexes. Le propos vise une lecture globale plutôt que des constats ponctuels, en articulant vécus individuels et choix institutionnels.
Un discours nourri par son histoire personnelle
Karine Le Marchand assume une position marquée par son histoire familiale. Elle rappelle être, selon ses mots, « fille d’immigré », une réalité qui éclaire son point de vue sur le sujet. Elle raconte que son père, originaire du Burundi, est venu en France pour ses études, « il est tombé amoureux de ma mère et après, il est reparti », ce qui illustre, selon elle, une trajectoire personnelle distincte des migrations subies.
L’animatrice insiste sur une distinction jugée essentielle : celle entre une immigration choisie et des départs forcés, liés à la guerre, à la famine ou à l’effondrement de certaines régions du monde. Cette nuance structure son approche du documentaire et de ses interventions publiques, où elle cherche à différencier réalités humaines et représentations politiques.
Des propos qui relancent le débat
Sur le plateau de l’émission Les Grandes Gueules, Karine Le Marchand a tenu des propos largement relayés. Elle y a déclaré : « L’immigration est un problème dont on va devoir s’emparer à la prochaine présidentielle ». Cette formulation a frappé par sa franchise et par le positionnement d’un sujet de société comme enjeu politique majeur.
Elle a immédiatement apporté une précision importante, refusant toute stigmatisation généralisée : « La plupart des fils ou petits-fils d’immigrés ne posent pas de problèmes à la société. Ceux qui posent des problèmes, en général, ils sont Français. » Par cette assertion, elle pointe un amalgame fréquent dans le débat public — associer automatiquement immigration et insécurité — et appelle à une analyse plus fine des réalités sociales.
🎙️ @KarineLMOff : « L’immigration est un problème dont on va devoir s’emparer à la prochaine présidentielle. Mais la plupart des fils ou petits-fils d’immigrés ne posent pas de problèmes à la société. Ceux qui posent des problèmes, en général, ils sont Français. » #GGRMC pic.twitter.com/UjTizTNKF5
Ces interventions, relayées sur plusieurs plateaux, ont suscité réactions et commentaires. Sans entrer dans l’énumération des prises de position extérieures, il reste que la série d’apparitions médiatiques de l’animatrice participe de l’agenda public autour du documentaire et du débat sur l’immigration.
Karine Le Marchand mise sur la combinaison d’archives, de récits individuels et d’analyse politique pour nourrir une réflexion que beaucoup jugent indispensable à la veille d’échéances électorales. Son parti pris est clair : replacer les trajectoires humaines au cœur du discours et déconstruire les généralisations qui peuplent trop souvent les débats contemporains.


