Ce 20 janvier 2026, France 4 diffuse La Nuit de la Déprime. Pour sa 11e édition, l’événement imaginé par Raphaël Mezrahi investit les Folies Bergère et promet une soirée où la mélancolie se mue en fête collective. Pour la première fois, Catherine Ringer en est la marraine. Sur scène, Kad Merad, Anne Gravoin, Nolwenn Leroy, Thomas Dutronc et d’autres artistes prêteront leurs voix à ce rendez‑vous solidaire devenu culte.
Kad Merad et Marseille : un choix de vie
Kad Merad figure parmi les participants à cette édition. Son engagement affectif envers Marseille est ancien et profond : la cité phocéenne occupe une place centrale dans sa vie personnelle et artistique.
Au milieu des années 2000, il tombe amoureux de la ville en suivant Emmanuelle Cosso, Marseillaise et mère de son fils. « On m’a dit : Mais t’as pas peur d’aller habiter à Marseille ? », confiait‑il alors dans un entretien croisé avec Patrick Bosso. Ce décalage entre image et réalité a été pour lui une invitation à s’installer et à déconstruire les clichés.
Il s’installe ponctuellement dès 2006 et acquiert une maison dans le quartier de Malmousque, à deux pas de l’anse de Maldormé. La Villa Moncade, discrète mais majestueuse, devient son refuge méditerranéen ; un lieu à l’abri des regards où il partage plusieurs années de vie avec son épouse de l’époque.
Située au bout de la traverse des Cascades, la villa a attiré l’attention, notamment après une réhabilitation confiée aux architectes Rudy Ricciotti et Raphaëlle Segond. En 2023, une œuvre surprenante — une « demi‑biche » incrustée verticalement dans le sol devant le garage — a intrigué les riverains, signe visible que la maison avait changé de mains et que ses nouveaux occupants appréciaient l’art contemporain. Avant eux, c’est bien Kad Merad qui y avait trouvé un sanctuaire loin du tumulte parisien.
Un film pour rendre justice à la ville
L’immersion marseillaise de Kad Merad a nourri directement son cinéma. Son film Marseille, sorti en 2016, est le fruit de quatre ans de gestation et traduit son désir de montrer une autre image de la ville.
« Je voulais prendre le bon côté des mauvais aspects de Marseille. Le bon côté des quartiers Nord, des supporteurs de foot… Je voulais tordre le cou aux clichés », expliquait‑il à propos de son projet. Le long‑métrage raconte le retour d’un fils auprès de son père accidenté et rend hommage aux familles ouvrières d’origine italienne qui, selon lui, font battre le cœur populaire de la cité.
Pour Patrick Bosso, enfant des quartiers Nord, le film marque une rupture par rapport aux rôles caricaturaux souvent réservés aux comédiens à accent. « Là, pour la première fois, je suis là tout le temps ! », se réjouissait‑il, soulignant l’importance d’une représentation plus nuancée.
Kad Merad y projette aussi une part intime. « Venentino Venantini, c’est un peu mon père… Je voulais que ce film soit un hommage au retour aux sources », confiait‑il, montrant combien le projet mêlait éléments personnels et volonté de réécrire le récit collectif sur Marseille.
Nouvelle page en Bourgogne
Après sa séparation d’avec Emmanuelle Cosso en 2022, Kad Merad a mis un terme à seize années d’ancrage dans le quartier de Malmousque en vendant la Villa Moncade. Cette décision marque la fin d’un chapitre marseillais, sans pour autant effacer l’amour qu’il porte à la ville.
Aujourd’hui, il a tourné une page et construit une nouvelle vie en Bourgogne aux côtés de Julia Vignali, sa nouvelle compagne. Le couple a acquis une ancienne ferme qu’ils ont entièrement rénovée pour en faire un refuge loin de Paris : pierres apparentes, grands espaces ouverts sur la nature et calme absolu composent désormais leur quotidien.
Ce nouveau domicile est présenté comme un havre de paix où l’acteur se ressource. Il envisage même d’y accueillir des animaux, signe d’un projet de vie plus rural et apaisé.
Marseille reste néanmoins pour Kad Merad un lieu fondateur, celui où il a trouvé une autre manière de vivre, plus brute et plus humaine. Qu’il s’agisse de la Villa Moncade, de son film ou des années passées dans la cité, la ville a laissé une empreinte durable dans son parcours personnel et artistique.


