Jean-Paul Rouve a livré, devant les caméras de C à vous sur France 5, une lettre ouverte bouleversante à l’adresse de Michel Blanc. Quinze mois après la disparition de l’acteur et scénariste, mort en octobre 2024 à 72 ans, Rouve est resté très ému en évoquant leur amitié et le vide laissé par la perte de son ami.
Une déclaration émotive sur le plateau de C à vous
Invité pour participer à la rubrique « Le Répondeur », où l’invité rend hommage à une personne qui a compté pour lui, Jean-Paul Rouve n’a pas pu contenir son émotion. Très déstabilisé, les larmes aux yeux, il a prononcé une lettre adressée à Michel Blanc. « Salut Michel, c’est Jean-Paul. Ça fait plus d’un an que tu ne donnes pas de nouvelles. Mais peut-être que là où t’es, y a pas de réseau. Je voulais savoir si toi, ça allait. Est-ce que tu continues à râler pour tout et pour rien ? En tout cas, moi je l’espère, car ça prouverait que même mort, on est toujours vivant. Je sais pas si tu sais, mais on va inaugurer une place à ton nom. Alors, rassure-toi, il y a des bistrots autour. Et n’oublie pas qu’on a un film à écrire tous les deux. Alors, rappelle-moi mais peut-être que t’as pas de réseau », a-t-il déclaré.
La séquence, diffusée devant Mohamed Bouhafsi et la bande de chroniqueurs de l’émission, a été qualifiée d’« émotion intense » par plusieurs observateurs. Un message publié sur Twitter reprenait ainsi la scène : « #CàVous Beaucoup d’émotion quand @JPRouve s’adresse à Michel Blanc devant @mohamedbouhafsi et la bande de chroniqueurs de #CàVous ⤵️ pic.twitter.com/I1FDRvZNkb ».
Un deuil encore vif et la mémoire d’un compagnon de route
Michel Blanc est décédé en octobre 2024 des suites d’une réaction allergique grave à un produit de contraste administré lors d’une IRM. Cette réaction a entraîné un choc anaphylactique, puis un malaise cardiaque fatal quelques heures plus tard. Depuis, ses proches et collègues continuent de rendre hommage à sa carrière et à sa personnalité.
Jean-Paul Rouve, qui avait partagé l’écran et le plateau avec Michel Blanc, a rappelé l’importance de leur lien professionnel et amical. Leur collaboration la plus visible reste le quatrième volet de la saga des Tuche, où Michel Blanc et Jean-Paul Rouve jouaient deux beaux-frères en conflit. Ce tournage, effectué peu avant la disparition de Michel Blanc, est resté comme son unique film mis en scène par Rouve.
Le cinquième volet des Tuche, sorti quatre mois après la mort de Michel Blanc, lui a été dédié. Par ailleurs, deux autres films dans lesquels Michel Blanc apparaît sont sortis après sa disparition mais avaient été achevés avant son décès : Le Routard, aux côtés de Christian Clavier et Hakim Jemili, et La Cache, décrit comme un film plus dramatique et confidentiel.
Une amitié discrète mais profonde
La relation entre Jean-Paul Rouve et Michel Blanc n’était pas constamment exposée aux projecteurs, mais elle a laissé des traces fortes. La lettre lue sur le plateau n’était pas seulement un témoignage de douleur : elle combinait tendresse, humour et la frustration d’un projet inachevé — ce « film à écrire tous les deux » que Rouve évoque avec un sourire mêlé de tristesse.
Sur le plateau, l’émotion a pris le pas sur la formule. Rouve a choisi de continuer et d’aller jusqu’au bout de sa lettre, offrant au public une séquence sobre et poignante qui montre combien la disparition de Michel Blanc pèse encore sur ceux qui l’ont connu.
Les hommages et la postérité cinématographique
Outre les dédicaces filmiques, la mention d’une place qui portera le nom de Michel Blanc souligne la volonté de témoigner publiquement de la reconnaissance de ses pairs et de son public. Jean-Paul Rouve mentionne aussi, avec une pointe d’humour amer, les bistrots alentour, comme pour dire que la mémoire de l’ami disparu continuera de vivre dans les lieux et les conversations.
Reste, pour les proches et les admirateurs, l’image d’un comédien apprécié pour son humour et sa mordante sensibilité. Les films posthumes et les hommages publics contribuent à maintenir sa présence dans l’espace culturel. Pour Jean-Paul Rouve, la peine demeure manifeste, et la lettre à Michel Blanc sur France 5 a rappelé au public la fragilité des liens et la difficulté, pour certains, de tourner la page lorsque la disparition est encore récente.
La séquence a ainsi rappelé, une nouvelle fois, que certaines amitiés du cinéma français se vivent loin des projecteurs permanents mais marquent profondément ceux qui les partagent.


