En 1985, après avoir lancé les Restos du Cœur, Coluche a imaginé une initiative musicale pour soutenir la cause : les Enfoirés. L’objectif était simple et direct : rassembler des artistes afin de sensibiliser les Français et de récolter des fonds pour les personnes en difficulté. Pour composer l’hymne du collectif, l’humoriste a fait appel à son ami Jean‑Jacques Goldman, qui signera le titre désormais associé à cette aventure solidaire.
Un casting élargi et un rassemblement à l’Accor Arena
La première troupe des Enfoirés mêlait personnalités de la chanson, du cinéma et du sport : Jean‑Jacques Goldman, Yves Montand, Nathalie Baye, Michel Platini et Michel Drucker figuraient parmi les premiers engagés. Depuis, le rendez‑vous a pris une ampleur considérable et la liste des participants s’est largement étoffée.
Preuve de cette popularité, du 13 au 19 janvier dernier, les Enfoirés se sont retrouvés pour une série de concerts dans l’immense Accor Arena de Paris. Pour l’occasion, 54 célébrités — chanteurs, acteurs, humoristes, sportifs — ont accepté de monter sur scène pour la bonne cause.
Parmi elles, des « petits nouveaux » comme Marine et Helena, issues de la « Star Academy », ont rejoint la troupe. Elles ont été accompagnées par des vétérans qui servent souvent de repères et de capitaines d’un soir : Bénabar, Amel Bent, Julien Clerc, Patrick Bruel, Florent Pagny et Zazie.
Patrick Bruel détient le record de participations, avec 34 présences aux côtés des Enfoirés, une statistique souvent mise en avant pour mesurer l’attachement de certains artistes à cette cause.
Le grand concert des Enfoirés a été diffusé sur TF1 le 27 janvier, prolongeant l’impact médiatique et la collecte de fonds au‑delà des dates de la tournée.
Jean‑Jacques Goldman : le départ motivé par la transmission, selon Zazie
La relation entre Jean‑Jacques Goldman et les Enfoirés a été longue et intense. L’artiste, discret médiatiquement, a participé à l’aventure à 27 reprises : en 1986, en 1989, puis de 1992 à 2016. Interrogés sur la nouvelle génération intégrée à la troupe, Zazie et Florent Pagny ont exprimé leur point de vue sur l’importance d’accueillir des visages neufs.
Lors d’un entretien accordé à Télé 7 Jours le 14 février, Zazie, 61 ans, a livré une explication sur le retrait de Jean‑Jacques Goldman des Enfoirés. « L’une des raisons pour lesquelles Jean‑Jacques Goldman a arrêté les Enfoirés — et je ne pense pas le trahir en disant ça —, c’est aussi parce qu’il avait compris l’importance de la transmission », a‑t‑elle déclaré.
Zazie a ajouté qu’il était important d’ouvrir le spectacle à des artistes contemporains pour préserver le caractère populaire du rendez‑vous. « Et ce qui est aussi important, c’est d’ouvrir un concert avec un titre de Gims, par exemple. Il faut que ce rendez‑vous reste populaire. D’ailleurs, Gims est le bienvenu dans la troupe », a‑t‑elle lâché.
Ces propos dessinent une lecture lucide du retrait progressif de Goldman : loin d’un désintérêt pour la cause, il s’agirait d’un choix guidé par la volonté de laisser la place aux jeunes talents et d’assurer la pérennité de l’événement.
Si Jean‑Jacques Goldman reste une figure omniprésente dans la mémoire des Enfoirés, son absence sur scène depuis une décennie ne diminue pas l’écho de ses contributions. Les éditions récentes montrent que la formule continue d’attirer des artistes de générations différentes, confirmant la volonté de conserver à la fois la force populaire et le sens solidaire de l’initiative.
À travers ces rassemblements et ces passages de relais, les Enfoirés poursuivent donc leur mission : conjuguer spectacle et engagement pour continuer de mobiliser le public au profit des plus démunis.


