Jean Dujardin s’est livré longuement lors d’un entretien avec Brut sur YouTube, évoquant à la fois ses récents succès, ses échecs et des souvenirs de ses débuts sur les scènes de café‑théâtre. L’occasion pour l’acteur oscarisé pour The Artist de revenir sur une rencontre mémorable : celle avec le duo d’humoristes Éric et Ramzy, qu’il avait d’abord pris à la légère.
Un retour au cinéma attendu
Après sa performance saluée dans L’Homme qui rétrécit de Jan Kounen, attendue en 2025, Jean Dujardin revient à l’affiche le 18 mars dans Les Rayons et les Ombres, réalisé par Xavier Giannoli. Le film, présenté comme un drame historique, met en scène Nastya Golubeva et August Diehl et retrace l’histoire — dite vraie dans la communication du film — de Jean et Corinne Luchaire, un père et sa fille pris dans l’engrenage de la collaboration durant la Seconde Guerre mondiale.
Durant cet entretien d’environ une heure, l’acteur a également évoqué des titres populaires de sa carrière comme Brice de Nice, OSS 117 et Le Daim, tout en abordant avec franchise certains projets qui n’ont pas rencontré le même succès. Fidèle à un ton simple et direct, il s’est notamment souvenu de ses premiers pas dans des salles modestes, entouré d’artistes alors inconnus qui allaient plus tard percer.
« Qu’est‑ce que c’est que ces deux crétins ? »
Interrogé par le journaliste Aymeric sur la question de savoir si, à l’époque du café‑théâtre, on se disait que certains camarades allaient devenir célèbres, Jean Dujardin a d’abord répondu : « Non, on ne se le disait pas comme ça ». Il a ensuite raconté sa première impression face à Éric et Ramzy, qui se sont fait connaître à la fin des années 1990.
« Moi, je me souviens, Éric et Ramzy, je les vois au Bec Fin, y’a un plafond qui fait 1m60 », a‑t‑il détaillé, en faisant référence à la petite salle. Il a ajouté que, compte tenu de la hauteur, l’un des humoristes semblait jouer penché. « C’était en septembre 1994, 1995, un truc comme ça. Je les vois et je me dis : ‘Qu’est‑ce que c’est que ces deux crétins en train de jouer avec des sandales avec Éric qui fait : “Oui, allô”. Qu’est‑ce que je suis en train de voir ? Et ça me fait mourir de rire, quoi’. »
Le comique, désormais reconnu, a ainsi été l’objet d’un jugement immédiat mais amusé de la part de Dujardin. L’anecdote illustre la manière dont des débuts modestes et décalés peuvent, avec le temps, se transformer en succès populaire.
Le duo retrouvé et le chemin parcouru
Éric et Ramzy, qui ont récemment reformé leur duo après une longue séparation, sont de retour cette année sur les écrans avec la série Tout simplement fan. Selon l’article original, ils n’avaient pas mené de projet commun depuis Seul Two en 2008. Ce retour souligne la longévité de leur complicité, même si leurs débuts dans de petites salles avaient pu surprendre leurs contemporains.
Pour Jean Dujardin, ces souvenirs de café‑théâtre font partie d’un parcours où se mêlent rencontres, tâtonnements et succès. Sa manière de raconter — sans filtre mais avec humour — permet d’apprécier la distance prise par un comédien devenu une figure du cinéma français.
Lors de l’entretien, Dujardin a alterné entre réflexions personnelles et récits de plateau, montrant une franchise rare sur sa carrière. Il a évoqué sans détour ses choix, ses acclamations publiques comme ses déconvenues, tout en gardant un regard lucide sur le monde du spectacle et ses aléas.
Si l’anecdote sur Éric et Ramzy fait sourire, elle rappelle aussi que la notoriété peut naître d’un moment imprévu, d’un numéro maladroit ou d’un rire partagé dans une salle exigüe. Pour Dujardin comme pour tant d’autres, ces premières années restent des repères essentiels dans une trajectoire artistique longue et parfois sinueuse.


