Jacques Séguéla, 92 ans le 23 février 2026, reste une figure incontournable du monde politique et médiatique français. Publicitaire influent et conseiller de campagnes, il est aussi auteur d’anecdotes devenues légendaires. Parmi elles : la maison normande où il dit avoir présenté Nicolas Sarkozy à Carla Bruni, et qui, un temps, a été liée au nom de Laurent Ruquier.
La Rolex, la polémique et l’opération caritative
La carrière de Séguéla est jalonnée de prises de parole tranchées. L’une des plus célèbres remonte au 13 février 2009. Invité dans Les 4 Vérités sur France 2, il lance : « Si à cinquante ans, on n’a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie ». La phrase provoque un tollé et des critiques virulentes.
Face à la polémique, il présente ses excuses. L’affaire prend un tour inhabituel : Séguéla achète la montre en question et la met aux enchères lors d’une vente caritative organisée avec l’humoriste Laurent Baffie et la chaîne Paris Première. L’objet est adjugé 8 000 euros à l’homme d’affaires Jean-Claude Darmon, transformant la controverse en un geste de bienfaisance.
Au-delà de cette anecdote, Séguéla a publié en 2009, avec Thierry Saussez, un livre sur les campagnes présidentielles de la Ve République. Il y relate des épisodes et dévoile des positionnements parfois changeants : il soutient initialement Ségolène Royal, critique des ralliements, puis annonce qu’il votera finalement pour Nicolas Sarkozy entre les deux tours.
Le « Petit Manoir » de Villerville, témoin d’une rencontre
La demeure évoquée dans ces récits se situe à Villerville, dans le Calvados, entre Trouville et Honfleur. Surnommée le « Petit Manoir », elle aurait accueilli en novembre 2007 un dîner au cours duquel, selon Séguéla, Nicolas Sarkozy a rencontré Carla Bruni pour la première fois. Quelques mois plus tard, la relation devient publique, puis mène au mariage du couple.
Construite en 1875 par Charles Garnier, l’architecte de l’Opéra de Paris, la maison anglo-normande s’étend sur environ 600 m². Elle offre une architecture à colombages, de vastes pièces de réception, un jardin paysager dominant la Manche et des vues sur la mer. Parmi ses équipements figurent de grands salons, une salle de billard et plusieurs chambres avec salles de bains. Le terrain couvre plusieurs milliers de mètres carrés.
La rumeur d’achat par Laurent Ruquier et les démentis
En 2017, la presse locale et les réseaux sociaux évoquent l’acquisition du manoir par l’animateur Laurent Ruquier. L’information circule rapidement et suscite l’intérêt, tant pour l’immobilier de prestige que pour l’histoire liée à la maison.
Laurent Ruquier réagit publiquement pour démentir. Sur internet, il écrit : « La presse et les réseaux sociaux sont décidément fous. (…) Je rêve en effet d’acheter ce manoir, mais je ne l’ai encore ni visité ni même signé une promesse de vente. »
Jacques Séguéla confirme quant à lui que Ruquier est un ami de longue date et qu’il a été invité plusieurs fois dans la demeure de Villerville. Mais il précise que, à ce moment-là, la maison n’était pas officiellement en vente. Séguéla admet toutefois y avoir réfléchi, évoquant le changement de ses besoins désormais que ses enfants sont adultes.
Le manoir reste ainsi lié à une double aura : celle des soirées et des politiques, et celle de l’immobilier de charme qui attire personnalités et amateurs de la Côte Fleurie.
Villerville, village plus discret que Trouville ou Deauville, est devenu au fil des années un refuge pour plusieurs figures publiques. Un habitant note : « Mais il n’y a pas que Laurent Ruquier à Villerville ». Il évoque aussi Sophie Davant, propriétaire d’une maison à quelques mètres de la plage, et rappelle la présence d’autres résidents du monde des médias ou des affaires.
Sans contester le rôle symbolique de la maison dans l’imaginaire médiatique, le dossier reste marqué par des confirmations circonstanciées plutôt que par des actes publics d’achat-vente. Entre mémoire privée et rumeurs publiques, le « Petit Manoir » de Jacques Séguéla demeure un lieu chargé d’histoires, à la croisée des mondes politique, médiatique et mondain.


