Connu du grand public après la saison 7 de L’amour est dans le pré en 2012, le couple formé par Frédérique et Pierre traverse aujourd’hui une crise financière majeure. Mariés et parents d’un garçon de 12 ans, ils tiennent depuis près de quinze ans une propriété dans le Gers où ils produisent de l’armagnac. Mais la conjoncture agricole et des coups durs successifs ont transformé leur histoire en bataille pour la survie.
La faillite de l’exploitation : une liquidation judiciaire actée
Selon nos confrères du Parisien, l’exploitation de Pierre fait face à des dettes dépassant 1,5 million d’euros. Cette créance regroupe des sommes dues à la banque, à la coopérative, ainsi que des dettes sociales et divers crédits. Le tribunal a acté la liquidation judiciaire, laissant peu d’alternatives au couple.
Face à cette situation, l’agriculteur âgé de 50 ans a pris une décision radicale. « Ça y est, je quitte mes terres, celles de mes ancêtres, j’arrête l’agriculture car je ne peux plus continuer. Nos biens personnels vont être saisis pour payer les créanciers, et il ne nous restera rien, plus rien. Il n’y a plus d’échappatoire. C’est une décision très lourde », confie-t-il.
Un héritage familial vendu pour éponger les dettes
L’exploitation est une entreprise transmise sur cinq générations. La demeure familiale, vieille d’au moins 200 ans, figure aujourd’hui parmi les biens mis en vente. Pierre évoque avec émotion le lien à ce lieu : « C’était celle de mon arrière-grand-père, celle qui me faisait rêver quand j’étais gamin. Je me disais qu’un jour je vivrais là. »
Ce même lieu, qui devait incarner la continuité familiale, est devenu « la maison de l’enfer, celle des huissiers et des contrôles », poursuit-il. Le couple a ainsi envisagé des solutions drastiques pour réduire leurs frais. « On va peut-être se retrouver dans un mobile home à 150 euros par mois avec ma belle-mère mais, au moins, on sera tous ensemble », confie Pierre, évoquant la possible recomposition de leur quotidien.
Les conséquences humaines : culpabilité, deuils et santé mentale
La situation financière n’est pas la seule épreuve. Le couple a traversé une période particulièrement sombre entre 2017 et 2020, marquée par plusieurs deuils dans la famille de Pierre. Ces pertes ont pesé sur leur santé psychologique et sur la gestion de l’exploitation.
Frédérique et Pierre racontent avoir été « sous anxiolytiques pendant un an ». À un moment, ils ont même songé au pire : « On a les arrêtés car, à un moment, on s’est dit on va se pendre », confie l’épouse en évoquant l’épuisement et le désespoir. Pour leur fils Gabriel, toutefois, le couple a choisi de continuer le combat.
Pierre insiste sur le sacrifice consenti pour protéger la famille : « Je bosse 60 à 80 heures par semaine pour en arriver là. » Désormais, il refuse que son enfant reprenne un héritage qu’il juge trop lourd à porter. « Je ne veux pas lui faire vivre ce que j’ai vécu ces quinze dernières années », affirme-t-il.
Après le tournage de l’émission, l’arrivée de Frédérique sur l’exploitation avait permis d’élargir l’activité : ventes directes à la ferme, boutique, site internet et une maison d’hôtes. Ces initiatives avaient donné de l’espoir, mais n’ont pas suffi à compenser la détérioration économique et les coups du sort.
Face à la vente des biens et à la liquidation, le couple se prépare à reconstruire une vie autrement, loin des terres familiales. La décision de se détourner de l’agriculture, même si elle est douloureuse, s’inscrit dans un choix de protection pour la famille et une volonté de préserver l’avenir de leur fils.


