Jeudi 9 avril 2026, Estelle Mossely est remontée sur un ring français dans un cadre peu conventionnel : le Westfield Les Quatre Temps, au cœur du quartier d’affaires de La Défense. Pour son premier combat en France depuis les Jeux Olympiques de Paris 2024, la championne olympique a livré une prestation mesurée et efficace face à la Colombienne Bexcy Mateus, s’imposant aux points à l’unanimité des juges, rapporte L’Équipe.
Une victoire contrôlée et réfléchie
Au terme de huit rounds de deux minutes, le verdict a donné Mossely gagnante, les cartons publiés étant 79-73, 80-72 et 79-83, selon L’Équipe. Notons une possible incohérence dans le troisième score publié, qui paraît atypique au regard du caractère unanime du jugement ; les comptes rendus indiquent néanmoins une victoire nette pour la Française.
Sur le ring, la boxeuse de 33 ans a imposé un tempo maîtrisé, alternant phases de pression et séquences de conservation d’énergie. « Au fur et à mesure des rounds, j’ai senti qu’elle était de plus en plus lente, ce qui m’a permis de faire mouche sur quelques coups et de pouvoir faire une ou deux accélérations par round », a-t-elle expliqué à l’AFP, soulignant sa lecture tactique du combat.
Objectif affiché avant le combat : sortir indemne. Mossely a insisté sur sa volonté de se préserver afin d’aborder sereinement les échéances à venir. « Il y avait aussi la volonté de se préserver et de ne pas finir avec des blessures. C’est le cas, je ne suis pas blessée, c’était vraiment le plus important », a-t-elle ajouté.
Ce succès porte désormais son bilan professionnel à 13 victoires pour un nul. Il fait suite à son retour victorieux en décembre 2025 à Dubaï contre Ellen Simwaka, un combat qui marquait son retour après une longue absence.
Un décor grand public pour rapprocher la boxe du public
Le choix du Westfield Les Quatre Temps illustre une stratégie : rendre la boxe plus visible et accessible au grand public. L’organisation de l’événement, intégrée aux animations gratuites du centre commercial, vise à attirer un public diversifié et à populariser des affiches féminines dans des lieux de forte affluence.
Dans cet environnement insolite, Mossely a prouvé qu’elle pouvait combiner performance sportive et spectacle destiné au grand public, sans sacrifier la prudence nécessaire à l’approche d’enjeux plus importants.
Vers une dernière ligne droite ambitieuse
Le combat de La Défense était présenté comme une mise en route. Dans deux semaines, le 23 avril, la boxeuse retrouvera la capitale pour un duel au profil bien différent : à la Salle Wagram, elle doit affronter l’Argentine Karen Elizabeth Carabajal (35 ans, 25 victoires, 3 défaites) pour le titre intérimaire WBA des légères. Cette rencontre pourrait permettre à Mossely d’ajouter une ceinture mondiale à son palmarès avant de mettre un terme à sa carrière, qu’elle a annoncé vouloir clore d’ici la fin de 2026.
La soirée du 23 avril suscite également l’attention pour une autre raison : elle marquera les débuts professionnels d’Imane Khelif, championne olympique des -66 kg à Paris 2024. Khelif disputera un combat de six rounds de deux minutes dans la catégorie des welters face à l’Allemande Julia Igel, dans une affiche promue par l’ancien champion Brahim Asloum. Le plateau promet une affiche 100 % féminine, perçue comme un symbole fort pour la boxe française.
Une trajectoire singulière
Née le 19 août 1992 à Créteil, Estelle Mossely a su mêler études et carrière sportive. Fille d’un père d’origine congolaise et d’une mère d’origine ukrainienne, elle est diplômée de l’école supérieure d’ingénieurs Léonard-de-Vinci. Après avoir concilié une double vie d’ingénieure et de boxeuse, elle s’est progressivement consacrée pleinement à la compétition.
Ex-compagne du boxeur Tony Yoka, Mossely construit désormais la fin de sa carrière comme une série d’objectifs sportifs et symboliques, offrant à ses supporters une dernière saison riche en rendez-vous. La victoire à La Défense envoie un message clair : à 33 ans, la première Française championne olympique de boxe n’entend pas s’effacer sans lutter jusqu’au terme annoncé de son parcours.


