Ce 27 février 2026, TF1 diffuse le nouveau spectacle des Enfoirés au profit des Restos du Cœur. Fidèles à l’appel lancé par Coluche en 1985, 54 célébrités ont répondu présentes pour les représentations données entre le 13 et le 19 janvier 2026 à l’Accor Arena.
La platine et la solidarité ont rythmé ces soirées : tableaux chorégraphiés, jeux de lumière et moments d’émotion ont alterné avec des séquences plus légères. Parmi les « petits nouveaux » de la promotion 2026 figurent Helena, Marine, Jarry et Styleto. La présence d’artistes comme Ousmane Dembélé, Esther Abrami, McFly, Carlito et Tibo InShape a également attiré l’attention des médias.
Un spectacle scruté et critiqué depuis des décennies
Si le rendez‑vous reste un événement télévisuel majeur, la troupe n’a jamais été à l’abri des polémiques. Depuis près de quarante ans, les Enfoirés oscillent entre ferveur populaire et reproches récurrents. Les critiques portent autant sur l’image que sur la gestion ou le rôle joué par les artistes.
Les controverses étudiées ici ont marqué les esprits : textes jugés moralisateurs, apparitions jugées ostentatoires, interrogations sur la gestion des fonds et accusations d’entre‑soi. Chacune a contribué à nourrir le débat sur la cohérence entre spectacle et cause sociale.
Goldman et le clip jugé « réac »
En 2015, la chanson Toute la vie, signée Jean‑Jacques Goldman, déclenche une vive polémique. Le clip met en scène un face‑à‑face entre une jeunesse désabusée et des adultes accusés d’avoir abîmé le monde. Très vite, le texte est qualifié de moralisateur, voire de « réactionnaire » par certains internautes.
Jean‑Jacques Goldman prend la parole pour se défendre, expliquant que les Enfoirés « jouent le rôle des adultes qui répondent comme trop souvent : en se dédouanant ». Malgré cette explication, la controverse enfle et l’auteur‑compositeur se met en retrait de la troupe quelques mois plus tard. Ce départ marque, pour beaucoup, la fin d’une époque.
Images de luxe et accusations de décalage
En 2017, une photo en coulisses montrant Jenifer la tête appuyée sur un sac Louis Vuitton devient virale. Pour certains internautes, l’image illustre un décalage entre la précarité des bénéficiaires des Restos du Cœur et le train de vie supposé des artistes impliqués.
L’entourage de la chanteuse évoque un sac « vintage » acheté en friperie, mais la controverse relance un vieux reproche : peut‑on incarner la solidarité tout en affichant des signes extérieurs de richesse ?
Le débat dépasse la simple anecdote : il interroge la perception publique du spectacle et la façon dont certains détails peuvent être interprétés à l’encontre de la cause.
Questions sur la gestion et accusations d’entre‑soi
En 2016, Jean‑Marie Bigard alimente la polémique en évoquant l’existence d’une « caisse de ravitaillement de secours », soit des fonds conservés d’une année sur l’autre. Selon lui, Coluche souhaitait redistribuer immédiatement l’intégralité des recettes. Ces propos ont ravivé les interrogations sur la transparence financière de l’événement.
La production a alors rappelé que les artistes ne sont pas rémunérés et que les comptes sont encadrés. La polémique s’est progressivement essoufflée, tout en laissant un doute dans l’opinion publique.
Parallèlement, des voix ont critiqué un certain entre‑soi. En 2010, le journaliste Thomas Sotto affirme qu’un passage télévisé de Garou aurait été lié à une promotion partagée entre les Restos et son album. Des humoristes et chanteurs, comme Stéphane Guillon, Renaud ou Eddy Mitchell, ont aussi formulé des remarques sur le fonctionnement interne de la troupe et le « mélange des genres ».
En 2007, Yannick Noah s’était publiquement insurgé contre l’hébergement de la troupe dans un palace à La Baule. Il avait dit préférer un hôtel plus modeste, dénonçant une image jugée inappropriée pour des artistes venus chanter la misère sociale. En 2014, Elina Dumont, ancienne intervenante des Restos, a également critiqué certains participants en pointant des contradictions fiscales ou publicitaires.
Une utilité qui pèse face aux critiques
Malgré ces controverses, le spectacle conserve un impact concret : la vente des CD et DVD contribue au financement de repas, et la productrice Anne Marcassus a réaffirmé que les artistes ne sont pas rémunérés et donnent de leur temps.
La tension reste tangible entre la dimension spectaculaire du show et la gravité de la cause. Trop d’éclairage pour certains, pas assez de discrétion pour d’autres. Néanmoins, en près de quarante ans, aucune polémique n’a, jusqu’à preuve du contraire, interrompu durablement l’élan des Enfoirés.
Ce 27 février, les téléspectateurs seront invités à applaudir et à chanter. Pour beaucoup, le spectacle demeure un moyen efficace de soutenir les Restos du Cœur, même s’il continue d’alimenter débats et questionnements.


