Ce 15 janvier 2026, France 2 diffuse un nouveau numéro d’Envoyé spécial, animé par Élise Lucet. Fidèle à la ligne exigeante du magazine, l’émission propose deux enquêtes fortes : Le procès de mon père, qui revient sur le témoignage de deux enfants confrontés à l’assassinat de leur mère par leur père, et L’armée, je l’aime mais je la quitte, qui met en lumière une crise silencieuse dans les rangs de l’armée française, entre départs massifs et drames humains.
Deux reportages au cœur de sujets graves
Le nouveau numéro d’Envoyé spécial s’inscrit dans la continuité d’un journalisme d’investigation souvent tourné vers les traumatismes individuels et les dysfonctionnements institutionnels. Le premier reportage, Le procès de mon père, donne la parole à des enfants devenus victimes et témoins, tandis que le second éclaire les tensions internes de l’armée française, avec des récits de soldats et d’anciens militaires confrontés à des choix dramatiques.
Ces enquêtes, portées par la tonalité exigeante de l’émission, s’inscrivent dans un registre sensible qui mêle témoignages et analyses. Elles illustrent aussi la manière dont la présentatrice, connue pour sa rigueur, choisit d’aborder des sujets lourds et parfois douloureux.
Une présentatrice marquée par un drame intime
Derrière la figure publique de l’investigation, Élise Lucet porte une histoire personnelle marquante. Née le 30 mai 1963 à Rouen, elle a traversé un deuil brutal : la disparition de son mari, Martin Bourgeois, en 2011. Antiquaire discret et éloigné des médias, Martin Bourgeois est décédé des suites d’une leucémie foudroyante à l’âge de 42 ans. Élise Lucet est devenue veuve à 48 ans, laissant une fillette de quatre ans, Rose.
La rencontre avec Martin remonte au début des années 2000, alors qu’elle présentait le journal de 13 heures sur France 2. Le couple s’est marié en juillet 2006 et leur fille Rose est née en février 2007. Élise Lucet a évoqué ce choix de maternité tardive en expliquant qu’elle souhaitait construire une famille « avec une maman et un papa » et qu’elle avait attendu de rencontrer « le bon compagnon ».
La perte de son mari a profondément affecté la journaliste, sans pour autant la pousser à exposer publiquement sa douleur. Avec retenue, elle a confié à plusieurs reprises que cette épreuve avait bouleversé sa vision de la vie : « Quand on a vécu ce genre de choses, on n’a plus peur de grand-chose. » Cette phrase, souvent reprise, résume la manière dont le deuil a redéfini ses priorités.
Le travail comme ancre et la priorité donnée à Rose
Après la disparition de Martin Bourgeois, Élise Lucet a choisi de continuer à travailler. Elle a décrit le travail comme une « colonne vertébrale » qui l’a aidée à tenir face au chagrin. Elle est restée à la présentation du journal de 13 heures, puis s’est illustrée à la tête d’Envoyé spécial et de Cash Investigation, s’imposant comme une figure à la fois redoutée et respectée du paysage audiovisuel français.
Élise Lucet a réorganisé sa vie autour de sa fille. Très protectrice, elle a institué ce qu’elle appelle la « jurisprudence Rose » auprès de ses équipes : sauf tournage à l’étranger, elle doit être rentrée chez elle en début de soirée pour veiller à la présence parentale. Cette règle traduit sa volonté de concilier exigence professionnelle et stabilité familiale.
Discrète sur sa vie sentimentale depuis 2011, elle n’a « jamais refait sa vie publiquement ». Aujourd’hui, elle apparaît concentrée sur son rôle de mère et sur son métier, forte d’une résilience qui s’est forgée dans l’épreuve. Sans instrumentaliser son histoire personnelle, elle continue à donner la parole aux autres, à exposer les injustices et à interroger le pouvoir.
Son parcours illustre la tension entre une rigueur journalistique affichée et une force intime façonnée par le deuil. Dans ses émissions comme dans sa vie, Élise Lucet semble avoir fait du rapport à l’urgence et à l’essentiel un moteur professionnel et personnel.


