Invité sur Europe 1 ce mercredi 18 mars 2026 dans l’émission animée par Pascal Praud, l’humoriste Élie Semoun s’est livré sur son rapport à la politique. Le sexagénaire y a exprimé une distance nette avec les partis traditionnels et, plus particulièrement, avec la gauche dont sa famille se réclamait historiquement.
Une gauche qui ne le représente plus
« Je ne suis pas neutre », a d’emblée précisé Élie Semoun au micro. L’artiste a rappelé son ancrage politique d’autrefois : « À l’époque où on pouvait parler de politique, moi j’étais à fond pour Lionel Jospin. D’ailleurs, je le fréquentais. » Il a aussi évoqué son soutien passé à Bertrand Delanoë, en soulignant l’héritage familial : « Ma famille a toujours été socialiste, de gauche… »
Mais, a-t-il ajouté, la donne a changé. « Maintenant, je ne peux plus dire que je suis de gauche, clairement ! Je ne me sens pas du tout représenté dans cette gauche-là. Ce n’est pas la gauche que mes parents adoraient. » Ces mots, diffusés lors de l’entretien, témoignent d’une fracture entre ses références politiques personnelles et l’offre politique actuelle telle qu’il la perçoit.
Le passage a été relayé en direct : « « Ma famille a toujours été socialiste, de gauche…. Maintenant, je ne peux plus dire que je suis de gauche clairement ! Je ne me sens pas du tout pas représenté » déclare @SemounElie, humoriste ➡️ Dans #PascalPraudEtVous sur #Europe1 pic.twitter.com/rTe2l4Wr8g ».
Un engagement écologique ancien
Si la scène politique semble aujourd’hui lui paraître étrangère, Élie Semoun n’est pas resté silencieux sur d’autres sujets. Il avait notamment évoqué son engagement écologique dans une interview accordée à Ouest-France en septembre 2016. « Écologiquement, oui », disait-il alors, précisant avoir mené « quelques actions, notamment au côté de Nicolas Hulot ». Il évoquait aussi un geste très concret : « J’ai des ruches chez moi… Dans un sens, je protège une espèce en voie de disparition (rires). »
Ces déclarations montrent que, même face à une désillusion politique, l’humoriste conserve des engagements civiques et environnementaux qu’il assume publiquement depuis plusieurs années.
Confidences personnelles et posture publique
Au fil des interviews, Élie Semoun a aussi livré des éléments plus intimes sur sa manière de se définir en scène et en privé. Déjà en 2016, il expliquait la fonction protectrice de son cynisme : « C’est certainement une façon de ne pas me regarder. Je suis comme les petits chiens, j’attaque avant d’être attaqué. Le cynisme est une coquille et mes personnages sont ma maison. Je me cache facilement. »
Il rappelait par ailleurs des blessures personnelles liées à son enfance et à la perte de sa mère : « Mon enfance a été un peu compliquée, si l’on creuse un peu. Après la mort de ma mère, je me suis enfermé dans une bulle. » Ces confidences jettent une lumière sur la façon dont il construit ses personnages et protège sa vie privée.
À travers ses prises de parole, on découvre ainsi un artiste en rupture avec certaines références politiques d’antan, mais fidèle à des engagements et à une posture artistique qui lui sont propres. Ses déclarations récentes sur Europe 1 s’inscrivent dans une continuité de réflexions publiques entamées depuis au moins une décennie.
Élie Semoun a choisi de verbaliser une distance avec la gauche actuelle, tout en rappelant des engagements écologiques et des éléments autobiographiques qui éclairent sa trajectoire personnelle et professionnelle.


