Il a passé une décennie à incarner le sorcier le plus connu du cinéma, mais Daniel Radcliffe affirme aujourd’hui vouloir surtout être un père ordinaire. Depuis la naissance de son premier enfant en avril 2023, fruit de son union avec l’actrice Erin Darke, l’acteur britannique protège avec soin la vie familiale et entretient même, confie‑t‑il, un petit mensonge domestique : pour l’instant, son fils ne sait pas qu’il est la star de Harry Potter.
Un secret volontairement entretenu
Dans un entretien accordé au New York Times, Daniel Radcliffe a expliqué pourquoi il repousse la découverte de sa célébrité par son enfant. « Mon fils sait‑il qui est Harry Potter ? Non, pas encore », a‑t‑il déclaré avec amusement et soulagement. Il raconte une scène révélatrice : un DVD de la saga, que quelqu’un lui avait demandé de dédicacer, est resté posé quelques jours sur la table de la cuisine. Le disque a été à portée de regard de l’enfant et Radcliffe a observé, curieux, s’il allait reconnaître la couverture et le voir réagir.
« Il ne m’a pas reconnu, et c’est tant mieux », a‑t‑il confié. Ce constat traduit son souhait de préserver une relation paternelle non médiatisée. Pour un homme entré sous les projecteurs dès l’âge de 11 ans, l’idée que son fils perçoive d’abord en lui un parent, et non une icône, semble essentielle.
Préserver une enfance loin des projecteurs
Radcliffe explique vouloir offrir à son enfant une enfance qu’il n’a pas connue. Propulsé au rang de superstar mondiale par l’adaptation des romans de J.K. Rowling, il a grandi sous une attention médiatique constante : interviews, tapis rouges, tournages successifs. Aujourd’hui, il affirme souhaiter protéger son fils de cette exposition précoce.
« Tant que je peux être simplement son père, sans qu’il me voie autrement, je préserverai cela », a‑t‑il ajouté. La phrase résume une stratégie claire : différer, autant que possible, la rencontre directe entre l’identité publique de Radcliffe et la relation familiale quotidienne.
Ce choix pose des questions sur la manière dont les familles de célébrités gèrent la notoriété transmise aux enfants. Radcliffe ne prétend pas empêcher la découverte totale : il reconnaît que l’univers de Harry Potter fait partie de la culture populaire contemporaine et qu’à terme son fils y aura accès.
Des livres plutôt que l’image
L’acteur se dit prêt à partager la saga avec son enfant, mais à sa manière et à son rythme. « S’il s’y intéresse, je le ferai sans hésiter », a‑t‑il expliqué. Il privilégie les livres, qu’il présente comme une voie plus littéraire et plus intime pour transmettre l’histoire, sans imposer immédiatement l’image de son propre visage.
Sur l’écran, Daniel Radcliffe affiche une préférence intriguante : s’il devait un jour montrer une adaptation à son fils, il préférerait que ce soit la nouvelle série produite par HBO actuellement en développement, plutôt que les films dans lesquels il a lui‑même joué. « J’espère pouvoir simplement lui mettre la série, et qu’il n’aura pas à me voir dedans », a‑t‑il dit. Cette volonté de distanciation illustre le désir de ne pas brouiller les repères familiaux par une présence trop envahissante de son image publique.
Sa démarche n’est pas uniquement symbolique : elle répond à une logique affective. Pour Radcliffe, être reconnu comme le héros d’une génération pourrait modifier la dynamique intime entre père et fils. En repoussant cette reconnaissance, il cherche à créer un espace où la relation paternelle peut se construire sans interférence médiatique.
Cette position s’inscrit dans une tendance plus large parmi certaines célébrités : limiter l’exposition de leurs enfants et choisir le moment où la notoriété sera abordée. Radcliffe, qui a grandi lui‑même dans la lumière, offre ici un témoignage sur les conséquences de la célébrité précoce et sur la volonté de transmettre, différemment, ce qu’il a reçu du public.
En attendant, le « mensonge » dont il parle—ne pas révéler tout de suite son statut d’acteur célèbre—semble davantage relever d’une protection bienveillante que d’une ruse durable. Le temps, et les goûts de l’enfant, décideront quand la découverte de Poudlard et de ses acteurs aura lieu.


