Le monde du spectacle français a appris avec tristesse la disparition de Bruno Salomone ce dimanche 15 mars 2026. L’acteur et humoriste, âgé de 55 ans, s’est éteint « après s’être battu contre une longue maladie », a annoncé son agent, Laurent Grégoire, à l’AFP : « C’est avec une immense tristesse que nous vous annonçons la disparition de Bruno Salomone. »
Un parcours atypique, de Marseille aux cafés-théâtres
Bruno Salomone est né le 13 juillet 1970 à Villeneuve-Saint-Georges. Fils unique, il passe son enfance à Marseille, dans une famille issue de milieux modestes : une mère flamande couturière et un père sicilien plombier. La famille s’installe ensuite en région parisienne, où il obtient un Bac C avant de s’orienter vers le spectacle.
Plutôt que les études vétérinaires envisagées, il se tourne vers l’écriture de sketches et la scène. Ses débuts prennent des formes variées : il joue dans de petites salles de café-théâtre et endosse pendant deux ans le costume de Dingo à Disneyland, expérience singulière qui participe à la construction de son personnage scénique.
En 1996, il se fait remarquer nationalement en remportant le télé-crochet Graines de star sur M6, où son humour absurde et décalé séduit un public grandissant. Cette visibilité le mène vers des projets collectifs qui marqueront sa carrière.
La troupe Nous Ç Nous et l’amitié avec Jean Dujardin
En 1998, Bruno Salomone rejoint la troupe Nous Ç Nous, aux côtés d’Éric Collado, Emmanuel Joucla, Éric Massot et Jean Dujardin. Le groupe intervient notamment dans l’émission Fiesta de Patrick Sébastien sur France 2, et bouscule les codes de l’humour télévisuel avec des personnages loufoques et un sens du sketch en roue libre.
Sa collaboration avec Jean Dujardin se poursuit au fil des projets : ils participent ensemble à Farce Attaque sur France 2, puis retrouvent la comédie au cinéma. En 2004, Salomone rejoint Dujardin et Éric Collado dans Brice de Nice, y incarnant le personnage d’Igor d’Hossegor, devenu l’un de ses rôles emblématiques. Il reprendra ce rôle plus tard dans Brice 3, confirmant une complicité artistique qui a duré plus de vingt ans.
Outre Brice de Nice, les spectateurs ont pu croiser Bruno Salomone dans plusieurs comédies, comme La Beuze (2003), et dans la célèbre série Kaamelott d’Alexandre Astier, où il apporte sa singularité comique.
La télévision et le rôle qui l’a consacré
C’est toutefois la télévision qui a assuré à Bruno Salomone une reconnaissance populaire durable. Sa composition de Denis Bouley dans la série familiale Fais pas ci, fais pas ça, diffusée sur France 2, a touché des millions de téléspectateurs et demeure sans doute son rôle le plus connu.
Il a également marqué les plateaux et petits écrans par d’autres apparitions : en 2001 dans Caméra Café sur M6, et comme voix off du jeu Burger Quiz, présenté par Alain Chabat sur Canal+, puis sur TMC. Ces engagements montrent la diversité de son registre, entre jeu visuel, voix et personnages de caractère.
Salomone n’a jamais été enfermé dans un seul format artistique. Son travail conjuguait le mime, le texte absurde et une présence qui savait se faire discrète tout en étant percutante.
Une carrière portée par la fidélité et l’humour
Durant plus de deux décennies, Bruno Salomone a tissé des liens forts dans le monde artistique, d’abord au sein de la troupe Nous Ç Nous, puis à travers des collaborations récurrentes avec Jean Dujardin et d’autres complices. Ses pairs et ses fans retiennent de lui un artisan de l’humour, discret mais essentiel.
La nouvelle de sa disparition a déclenché une vague d’émotion dans le milieu du spectacle et sur les réseaux sociaux. Ceux qui l’ont côtoyé évoquent volontiers son sens du jeu, son humour absurde et son investissement pour chacun de ses personnages.
Bruno Salomone laisse derrière lui une carrière riche, marquée par des personnages mémorables à la télévision comme au cinéma. Face à la maladie, il a poursuivi son travail artistique jusqu’à un terme récent, laissant une trace durable dans le paysage comique français.


