Pour sa quatrième saison, la série politique Baron noir s’entoure d’un casting qui mêle fiction et réalité. Canal+ a invité plusieurs visages connus des rédactions françaises à jouer leur propre rôle, une décision qui renforce l’ancrage de la fiction dans l’actualité médiatique.
Des journalistes bien réels dans la fiction
Selon Paris Match, la production a fait appel à une brochette de professionnels des médias pour donner du réalisme aux coulisses du pouvoir mises en scène dans Baron noir. À l’écran, les téléspectateurs retrouveront notamment Patrick Cohen et Benjamin Duhamel, ainsi que Caroline Roux et Karim Rissouli du service public.
Du côté des chaînes d’information, Maxime Switek, Apolline de Malherbe, Julien Arnaud et Didier François figurent également au générique. La radio est représentée par Nicolas Demorand, tandis que David Pujadas est annoncé pour LCI et Marie-Sophie Lacarrau pour TF1.
Ces participations viennent compléter l’univers politique et journalistique de la série, centrée sur les manœuvres de Philippe Rickwaert, interprété par Kad Merad.
Quand le tournage flirte avec le calendrier politique
La production indique que « à partir du 20 avril » les caméras vont de nouveau suivre le personnage de Kad Merad, sans préciser l’année. Canal+ mise sur une forte résonance avec l’actualité : la saison 4 affiche un budget estimé à 14 millions d’euros et une diffusion prévue en 2027, donc en pleine période présidentielle.
Ce calendrier, associé à la présence de journalistes en chair et en os, laisse entendre une volonté de faire de la série un miroir tendu à la vie politique et médiatique française, à un moment particulièrement sensible.
Une absence remarquée : ni Canal+ ni CNews
Autre aspect qui attire l’attention : aucun journaliste issu du groupe Canal+ — diffuseur de la série — ni de CNews n’a été annoncé au casting. Cette omission suscite des interrogations, d’autant que le débat autour des lignes éditoriales et du pluralisme des chaînes est très présent dans le paysage médiatique.
Ces dernières semaines, la chaîne CNews a fait l’objet de vives critiques. Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, l’a qualifiée de « raciste », un terme qui a alimenté la controverse. Par ailleurs, Patrick Cohen a déclaré dans l’émission Les Grandes Gueules que, selon lui, « CNews est hors-la-loi » en invoquant la loi de 1986 qui impose un pluralisme interne dans chaque chaîne de télévision : « Dans l’état actuel et c’est purement factuel, je pense que CNews est hors-la-loi. La loi de 1986 prévoit un pluralisme interne dans chaque chaîne de télévision et cette loi de 1986 n’est pas respectée par CNews ».
Ces propos ont provoqué des réactions publiques. Marlène Schiappa a réagi sur le plateau de TBT9 en nuançant l’accusation : « Que CNews ait une ligne éditoriale, c’est l’évidence même, mais qu’elle soit hors-la-loi, je ne crois pas du tout, sinon C à vous est hors-la-loi aussi ». Elle a ajouté : « Moi, je peux vous faire une liste d’auteurs qui ne sont jamais invités dans C à vous… »
Cet échange illustre la tension persistante autour des lignes éditoriales et du pluralisme dans les médias français, contexte dans lequel s’inscrit le choix du casting de Baron noir.
Une fiction qui joue sur le réalisme
En mobilisant des journalistes identifiables, la série amplifie son effet de réalisme. L’insertion de figures médiatiques connues crée un contraste voulu entre le monde fictif de la politique et les professionnels qui commentent la réalité quotidienne.
Canal+ semble jouer la carte de l’immersion : en invitant des journalistes à apparaître en leur propre nom, la série fait résonner ses enjeux narratifs avec des acteurs médiatiques familiers du public. Reste à voir comment ces apparitions seront intégrées à l’intrigue et comment elles seront perçues par les téléspectateurs, à l’approche d’une échéance électorale majeure.
La saison 4 de Baron noir promet donc d’être un terrain d’affrontement discret entre fiction et actualité, sur fond de débats sur le rôle des médias et le respect du pluralisme.


