Depuis le samedi 28 février 2026, la crise militaire au Moyen-Orient a pris une dimension nouvelle et s’est invitée jusque sur les écrans des influenceurs établis à Dubaï. Alors que les informations font état d’une escalade entre les États-Unis, Israël et l’Iran, des explosions et des interceptions de missiles ont été signalées dans plusieurs capitales de la région. Dans l’émirat, la nuit a été synonyme d’angoisse pour de nombreux résidents — et pour certains d’entre eux, cette peur a été filmée et partagée en direct.
Des images de panique devenues affaire publique
À Dubaï, plusieurs créateurs de contenu ont posté des stories affolées : passeports brandis face caméra, appels à l’aide et demandes de rapatriement. Ces séquences ont rapidement déclenché une autre onde de choc, médiatique celle-ci, alimentée par des personnalités publiques en France qui n’ont pas hésité à critiquer violemment leurs collègues expatriés.
Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été vives et souvent sans nuance. L’ancien rugbyman Vincent Moscato, présent à Dubaï lors des bombardements, a livré une vidéo au ton sec. S’il reconnaît que « ça pète de partout » et que des « déflagrations » ont été entendues, il refuse la dramatisation et tempère : « Par respect pour ceux qui morflent vraiment, au Liban, en Iran, on ne va pas se plaindre non plus ». Il a ajouté une charge directe contre certains créateurs : « Les influenceurs qui veulent faire du drama, vous nous faites honte ! (…) On s’en fiche que vous n’avez pas dormi de la nuit, allez vendre vos dentifrices et vos merdes… »
Polémiques en chaîne : ironie, fiscalité et rappel à l’État
De France, le vidéaste Tibo InShape a lui aussi pris part à la polémique. Sur X, il a ironisé : « Les influenceurs de Dubaï finalement on est bien en France, n’est-ce pas ? ». Il a ensuite précisé : « La situation reste bien sûr tragique (…) Je voulais simplement pointer du doigt l’hypocrisie de certains influenceurs qui font de l’arnaque leur business sur le dos d’honnêtes gens et se cachent là-bas ». Cette clarification n’a toutefois pas calmé les critiques.
Parmi les influenceurs ciblés, Maeva Ghennam s’est filmée en pleine nuit : « Oh putain il y a des missiles à côté de chez moi (…) La France protégez-nous ! ». Le lendemain, elle a nuancé son message : « Merci Dieu, à Dubaï nous sommes protégés (…) Je suis Française ». Cette volte-face a alimenté les accusations d’incohérence et de mise en scène.
La dimension fiscale du débat est rapidement entrée en scène. Le youtubeur Bastos a choisi l’ironie mordante : « Si tu veux revenir tu paies. (…) Parce que c’est à des Français que tu vendais, tu payais pas d’impôts… ». Il a illustré sa prise de position par un montage montrant « l’URSSAF qui attend les influenceurs de Dubaï » à l’aéroport.
Sur RMC, le chroniqueur Bruno Poncet a renchéri : « Ces influenceurs qui se vantent de ne pas payer d’impôts (…) aujourd’hui, ils demandent qu’on vienne les chercher. Ben moi, je leur fais payer le rapatriement ». L’avocat Charles Consigny a proposé dans le même esprit de les faire payer « jusqu’au dernier centime ». Ces sorties résonnent dans un contexte où l’exil fiscal vers les Émirats, où l’impôt sur le revenu est inexistant pour les particuliers, est déjà source de tensions dans l’opinion publique.
Nabilla, prière et séquences anciennes réactivées
Nabilla Vergara, installée de longue date à Dubaï, a adopté un ton plus solennel : « Nous prions pour la protection, la paix et la sécurité (…) Choisissons la paix ». Elle a brièvement qualifié Tibo InShape de « pauvre homme » avant de supprimer ce message.
Par ailleurs, une ancienne vidéo de son fils a refait surface : dans cette séquence, il évoquait le Burj Khalifa en lançant « Le Burj Khalifa, ils vont le casser ! ». Depuis la diffusion des images de missiles dans le ciel de l’émirat, cette phrase est devenue virale. Certains y voient une simple coïncidence, d’autres parlent de « prophétie » ; cette interprétation reste subjective et contestée.
Entre inquiétudes réelles et bataille d’image
Au‑delà des querelles numériques, la situation rappelle une réalité concrète : des centaines de milliers de Français vivent ou séjournent dans la région. Le Quai d’Orsay a rappelé que la sécurité de ces ressortissants était « la priorité absolue ». L’espace aérien émirati a été temporairement fermé, compliquant les départs et les rapatriements.
Cette séquence révèle aussi une fracture d’image. D’un côté, des influenceurs revendiquent leur droit à la protection consulaire face à un risque immédiat. De l’autre, des personnalités publiques dénoncent ce qu’elles perçoivent comme une incohérence morale : profiter d’un environnement fiscal avantageux puis solliciter la solidarité nationale en cas de danger.
Quelles que soient les prises de position, l’affaire illustre comment un événement géopolitique peut rapidement se transformer en guerre d’image sur les réseaux sociaux, mêlant peur réelle, indignation publique et questions économiques. Les débats n’en restent pas moins vifs et montrent à quel point la crise a dépassé le seul registre militaire pour entrer dans l’espace médiatique et populaire.


