Cinq ans après l’assassinat de Samuel Paty, une nouvelle étape médiatique s’ouvre autour de son souvenir : le groupe UGC a annoncé, dans un communiqué, avoir tourné dans le plus grand secret un film consacré aux « onze derniers jours » de l’enseignant. Baptisé L’Abandon et réalisé par Vincent Garenq, le long métrage a été tourné au cours de l’été 2025 et doit sortir en salles en 2026.
Le casting principal a été révélé : c’est l’acteur Antoine Reinartz qui incarnera Samuel Paty. Le film, selon le communiqué d’UGC, cherchera à raconter une histoire que « tout le monde connaît [de nom], mais peu de gens connaissent réellement ». Le personnage de Paty y est présenté comme père d’un enfant de 5 ans le jour de sa mort.
Casting : Antoine Reinartz face au rôle
Antoine Reinartz, 40 ans, partagera l’affiche avec Emmanuelle Bercot. Connu pour des rôles dans Alice et le maire, Roubaix, une lumière, Jusqu’à la garde, Anatomie d’une chute ou encore 120 battements par minute, il a reçu le César du meilleur acteur dans un second rôle en 2018 pour son travail à l’écran.
Le choix de Reinartz pour incarner Samuel Paty suscite l’attention, tant pour sa trajectoire artistique que pour la sensibilité du sujet traité. Un extrait partagé sur les réseaux reprend la mention : « Antoine Reinartz dans la peau de Samuel Paty au cinéma ‘L’Abandon’ : l’acteur de 40 ans est à l’affiche de ce film retraçant les 11 derniers jours de la vie de l’enseignant, tué par un terroriste. #LeMorningRMC pic.twitter.com/BG8UbNFOvm ».
Un acteur franc et des difficultés financières évoquées
Le comédien ne cache pas ses difficultés financières passées. Dans un entretien accordé au Parisien en février 2024, il expliquait que le succès critique ne rime pas forcément avec aisance matérielle. Au moment de sa victoire au César, il vivait encore dans un studio parisien et son compte en banque affichait un découvert de 3 000 euros.
« Le statut d’intermittent est très protecteur, mais vivre à Paris reste financièrement précaire […] Le gap entre la vie et l’image », confiait-il, soulignant l’écart entre la visibilité publique et la réalité économique. Il a également raconté avoir mis sa statuette en gage au Crédit municipal de Paris quelque temps après avoir reçu le trophée, avant de la récupérer l’année suivante.
Contexte judiciaire et précautions autour du projet
Cette annonce intervient alors que, toujours dans le dossier Paty, la Cour d’assises spéciale de Paris a rendu un arrêt en appel « ce lundi 2 mars ». Selon les éléments repris dans le dossier de presse, la cour a prononcé des peines de six à quinze ans de prison contre quatre hommes impliqués dans l’affaire. Abdelhakim Sefrioui a écopé de quinze ans, et Brahim Chnina d’une peine de dix ans assortie d’une interdiction du territoire français. Les deux sont présentés comme les auteurs de la campagne de haine ayant conduit à la décapitation de l’enseignant le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).
UGC a précisé que le tournage du film s’était déroulé discrètement. Le choix de raconter les « onze derniers jours » invite à la prudence et à la responsabilité éditoriale ; traiter d’un événement aussi grave et récent implique des choix de mise en scène et d’approche très encadrés.
Le réalisateur Vincent Garenq, connu pour ses films souvent basés sur des faits réels, signe ici un projet sensible. L’angle retenu — concentrer la narration sur les derniers jours de la vie de Samuel Paty — promet une focalisation sur l’humain plutôt que sur l’événement spectaculaire, selon le résumé diffusé par le distributeur.
Reste que le sujet suscite des attentes et des interrogations : comment restituer la complexité des faits, la mémoire de la victime et le contexte social sans verser dans la reconstitution sensationnaliste ? Les équipes de L’Abandon auront à cœur, d’après les éléments communiqués, d’offrir un récit respectueux et documenté.


