Incident en commission des finances : Amélie de Montchalin interpelle un sénateur
En pleine commission des finances ce vendredi, la ministre chargée des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a interrompu son propos pour reprendre vertement Jean‑François Husson. Le sénateur LR et rapporteur général du budget du Sénat depuis 2020 s’est emporté alors que son micro était éteint, mais ses mots ont été entendus par la ministre.
Alors qu’elle détaillait le budget alloué au Sénat pour l’année à venir, Amélie de Montchalin a déclaré avoir entendu « Je vais les éclater » sortir de la bouche de son confrère. Elle a ainsi stoppé son argumentaire pour rappeler à l’ordre le parlementaire de Meurthe‑et‑Moselle, jugeant la formule « très désobligeante ». Le moment a été capté et un extrait a circulé sur les réseaux sociaux, présentant la variante « Je vais l’éclater ! » (voir la vidéo partagée sur Twitter : pic.twitter.com/hLIpzcw6Z6).
Face aux murmures et à la surprise dans l’hémicycle, la ministre a choisi une réponse mesurée mais ferme. « J’entends monsieur le rapporteur général qu’il va nous éclater. Je dois dire monsieur le rapporteur général que je trouve que ce mot est très désobligeant. On peut avoir monsieur le rapporteur général et monsieur le sénateur tous les désaccords de fond. Vous savez que ma méthode est d’être la plus transparente possible », a‑t‑elle déclaré, en ajoutant qu’elle trouvait « dommage » l’emploi d’une telle expression.
La réponse de Jean‑François Husson et la tension des débats
Pris à partie, Jean‑François Husson n’est pas resté silencieux. Dans sa réplique, il a cherché à justifier son irritation par les critiques récurrentes qu’il dit recevoir. « Permettez‑moi de vous dire que dans les dépenses que vous évoquez, il y en a quand même un certain nombre qui résultent de promesses qui ont été faites en 2025 par le gouvernement, et à l’époque, par le Premier ministre », a‑t‑il expliqué.
Il a poursuivi : « Donc, moi, à un moment donné, je veux bien rester courtois, et en général, je le suis… Mais si vous voulez, au bout d’un moment, quand on entend de manière régulière des mises en cause sur des éléments objectifs et tangibles, il y a un moment où la moutarde me monte au nez. » Cette formule, familière, illustre la vive émotion qui traverse parfois les échanges budgétaires entre majorité et opposition.
Le face‑à‑face a duré quelques instants et a attiré l’attention des observateurs présents, rappelant que les auditions budgétaires peuvent dégénérer en éclats de voix quand enjeux financiers et tensions politiques se rencontrent.
Un contexte politique et le parcours d’Amélie de Montchalin
Amélie de Montchalin, figure reconnue du macronisme, a été députée de la 6e circonscription de l’Essonne à partir de juin 2017 et membre de la commission des finances depuis son élection. Son parcours gouvernemental est marqué par plusieurs affectations : secrétaire d’État chargée des Affaires européennes en mars 2019 dans le gouvernement d’Édouard Philippe, puis des fonctions sous Jean Castex au ministère de la Transformation et de la Fonction publiques.
Sous le gouvernement d’Élisabeth Borne, elle a été ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. Entre novembre 2022 et décembre 2024, elle a exercé une fonction diplomatique comme ambassadrice et représentante de la France auprès de l’OCDE. Depuis environ un an, elle est de nouveau ministre chargée des Comptes publics, d’abord sous l’autorité de François Bayrou, puis de Sébastien Lecornu selon les responsabilités gouvernementales évoquées.
Son intervention en commission montre qu’elle entend défendre avec vigueur les chiffres et la méthode de son administration. L’incident souligne aussi la fragilité des débats parlementaires lorsque la parole se perd dans les marges d’un micro ou vire à l’émotion.
Regard sur la procédure et l’après
Sur le fond, l’épisode n’a pas modifié l’ordre du jour de la commission, mais il a suscité des réactions et des commentaires, notamment sur les réseaux sociaux, où l’extrait a été largement relayé. Le ton utilisé par Jean‑François Husson, qu’il soit entendu au pluriel ou au singulier selon les diffusions, a été au centre des critiques de la ministre.
À défaut d’éléments nouveaux publiquement disponibles, l’échange restera inscrit comme l’un de ces moments tendus propres aux auditions budgétaires. Il illustre la confrontation régulière entre élus sur les choix financiers et les promesses de l’exécutif, et rappelle que la forme des échanges peut parfois occulter le fond des débats.


