Ce 22 janvier 2026, Alizé Cornet fête ses 36 ans. Née à Nice le 22 janvier 1990, la joueuse a mis un terme à sa carrière professionnelle en 2025 après vingt années passées sur le circuit. Si son palmarès et sa longévité imposent le respect, un épisode reste particulièrement marquant et controversé : l’affaire de l’US Open 2018, liée à une sanction pour une tenue jugée « trop dénudée » et devenue un symbole des débats sur le sexisme dans le tennis.
Une carrière de longévité et de records
Professionnelle de 2005 à 2025, Alizé Cornet s’est imposée comme l’une des figures les plus constantes du tennis français. Elle a remporté neuf titres WTA, dont six en simple, et atteint la 11e place mondiale en 2009. Sa régularité en Grand Chelem a marqué les esprits : de l’Open d’Australie 2007 à Roland-Garros 2024, elle a enchaîné 69 participations consécutives dans le tableau principal, un record absolu chez les femmes.
Cette série de présences en Grand Chelem illustre une remarquable longévité sportive, ponctuée par des performances solides et une capacité à rester compétitive face à des générations successives de joueuses. Son dernier Roland-Garros a servi de point d’orgue à une carrière qui s’est conclue l’année suivante, en 2025.
L’incident de l’US Open 2018
Le 28 août 2018, lors du premier tour de l’US Open face à la Suédoise Johanna Larsson, Alizé Cornet a vécu un épisode devenu viral. Après une pause liée à la canicule, elle est revenue sur le court et a constaté que son tee-shirt était à l’envers. En fond de court, dos au filet, elle a retiré brièvement son haut pour le remettre à l’endroit, laissant apparaître sa brassière pendant quelques secondes.
L’arbitre de chaise a immédiatement sanctionné la Niçoise d’un avertissement pour infraction au règlement. Le motif invoqué : les joueuses ne doivent pas enlever leur haut sur le court et doivent, si besoin, se rendre aux vestiaires pour se changer. Dans la pratique, cette règle semblait s’appliquer différemment aux hommes, autorisés à se changer torse nu sur leur chaise.
La sanction, mineure sur le plan sportif, a déclenché une onde de choc médiatique. Les images ont fait le tour du monde et provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux, avec des réactions virulentes de joueuses et d’observateurs dénonçant un deux poids, deux mesures.
Réactions et retrait de la sanction
Parmi les réactions, Judy Murray a résumé l’affaire en un tweet lapidaire : « Les hommes peuvent se changer sur le court. Elle, non. Ridicule ». L’incident a relancé la question du contrôle du corps des sportives et de la sexualisation des tenues féminines dans le sport de haut niveau.
Face à l’ampleur de la polémique, l’organisation de l’US Open est rapidement revenue sur sa décision. Le tournoi a publié un communiqué reconnaissant que cet avertissement « n’aurait jamais dû être donné » et a annoncé une clarification du règlement. Désormais, les joueuses peuvent se changer près du court, dans un espace privé, ou sur leur chaise comme les hommes.
En conférence de presse, Alizé Cornet a choisi d’apaiser les tensions tout en pointant l’absurdité de la situation : « Je suis surprise par l’ampleur que cela prend. C’était une maladresse de l’arbitre, sans doute dépassé par les événements », a‑t‑elle déclaré.
Un symbole malgré elle
L’affaire s’inscrit dans un contexte plus large des débats sur les tenues féminines. La même année, la controverse autour de la tenue portée par une autre grande championne, critiquée publiquement pour des raisons médicales, avait déjà relancé ces discussions. Alizé Cornet n’a pas hésité à qualifier ces propos de « d’un autre temps », dénonçant une vision rétrograde du sport féminin.
Avec le recul, cet épisode apparaît comme un tournant médiatique. Sans l’avoir cherché, la Française est devenue un symbole de la lutte pour l’égalité et le respect dans le sport de haut niveau, une posture cohérente avec ses prises de parole au fil de sa carrière.
Des courts aux responsabilités
Après sa retraite sportive, Alizé Cornet a poursuivi son engagement au sein du tennis français. Le 2 novembre 2025, elle a été nommée manager des équipes de France féminines et capitaine de l’équipe de France de Billie Jean King Cup. Placée sous la responsabilité d’Ivan Ljubicic, elle accompagne désormais les jeunes joueuses, prépare les grandes échéances internationales et participe à la structuration et à la féminisation du tennis français.
À 36 ans, en ce jour d’anniversaire, Alizé Cornet peut regarder son parcours avec fierté. Entre records de longévité et combats symboliques, elle laisse une empreinte durable sur le tennis français. L’épisode de l’US Open 2018, s’il restera comme une polémique, aura aussi contribué à faire évoluer les mentalités et à rappeler que, sur un court comme ailleurs, l’égalité reste une bataille à mener.


