Manon Trinquier, chanteuse et ancienne candidate de The Voice, a évoqué des faits douloureux la mettant en cause face à Kamel Ouali. Dans une interview accordée au journaliste Sam Zirah, elle raconte plusieurs épisodes vécus au sein d’une troupe, qu’elle qualifie d’humiliants et de grossophobes.
Les propos au restaurant : « C’est hyper violent »
Lors d’un dîner avec la troupe, Manon Trinquier rapporte une remarque prononcée par Kamel Ouali au sujet de son repas. Elle se souvient : « Je commande un tartare avec des frites et au moment où je demande de la mayonnaise au serveur, Kamel Ouali dit très fort devant tout le monde : ‘Ça va, tu as commandé des frites, tu ne vas pas prendre de la mayonnaise en plus ?’ »
Sur le moment, la chanteuse dit avoir ri, mais ce rire était, selon elle, une réaction immédiate et non le reflet d’un consentement. « Sur le coup, je rigole, mais c’est hyper violent », précise-t-elle dans l’entretien. Derrière cet humour apparent, Manon Trinquier explique avoir ressenti une humiliation publique.
Le nouvel an : une gifle et un « test »
Quelques mois après cet épisode au restaurant, la jeune femme relate un second incident lors des festivités du Nouvel An. Kamel Ouali serait arrivé avec un plateau de macarons et, quand elle a voulu en prendre un, il lui aurait donné « une grande claque sur la main ». Toujours selon son témoignage, il lui aurait alors lancé : « C’était un test, toi t’as pas le droit. »
Manon Trinquier décrit son ressenti : du choc et de l’incompréhension. Elle insiste sur l’impact psychologique et social de ces gestes et propos, qu’elle perçoit comme une mise à l’écart et une humiliation liées à son corps.
Ses déclarations constituent un témoignage personnel et relatent des interactions précises. Elles donnent à voir la manière dont des remarques ou des gestes, même présentés comme des plaisanteries, peuvent être ressentis comme de véritables agressions morales.
La difficulté de parler et la crainte des représailles
Manon Trinquier affirme penser ne pas être « la seule à vivre ça », tout en reconnaissant la difficulté de s’exposer publiquement. Elle confie sa crainte : « Moi, j’ai peur qu’on m’attaque, j’ai peur de me griller… Mais si on ne parle pas, ça va toujours continuer ce genre de chose. »
La chanteuse explique qu’elle souhaite nommer ce qu’elle a vécu, même si elle en mesure les conséquences possibles sur sa carrière. « Je parle, mais je sais que si demain il refait une comédie musicale, c’est mort pour moi », indique-t-elle, consciente du risque professionnel que représente sa prise de parole.
Ces propos s’inscrivent dans un contexte où la parole des artistes sur leurs conditions de travail et sur les comportements au sein des troupes est de plus en plus entendue, mais reste parfois difficile à porter publiquement.
Réponse et suite
Contacté par nos soins, Kamel Ouali n’a, pour le moment, pas répondu aux sollicitations. L’intéressé n’a donc pas pu donner sa version des faits dans le cadre de cet article.
Par ailleurs, l’entretien de Manon Trinquier a été relayé via les réseaux sociaux : une publication partagée sur Instagram a contribué à la diffusion de son témoignage et aux réactions qu’il suscite. Le récit repose sur son expérience personnelle et n’implique pas, à ce stade, de procédure judiciaire ou d’enquête publique mentionnée par la plaignante elle-même.
Face à ces déclarations, plusieurs questions restent ouvertes : la vérification croisée des faits, l’éventuelle existence d’autres témoignages corroborants et la réaction de l’ensemble des parties prenantes (production, collègues, direction artistique) seront des éléments déterminants pour évaluer la portée de ces accusations.
En attendant d’éventuels développements, le témoignage de Manon Trinquier met en lumière la réalité des rapports de pouvoir et des comportements qui peuvent exister dans le milieu des comédies musicales, et interroge sur la manière dont ils sont traités par le milieu professionnel et par l’opinion publique.


