À 93 ans, Gérard Hernandez (Scènes de ménages) déplore l’embourgeoisement de l’île de Ré et préserve ses rituels aux Portes‑en‑Ré

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Le 20 janvier 2026, Gérard Hernandez souffle ses 93 bougies. Connu du grand public pour son rôle de Raymond dans la série Scènes de ménages, l’acteur célèbre cet âge canonique sur l’île de Ré, un lieu qu’il dit chérir depuis plus d’un demi-siècle. Aux Portes-en-Ré, où il passe ses étés depuis plus de quarante ans, il observe aujourd’hui une transformation qui lui inspire une pointe d’amertume.

Une île transformée et des souvenirs altérés

Gérard Hernandez n’hésite pas à qualifier la métamorphose de brutale. « Je n’aime pas dire c’était mieux avant… mais je vous assure, il y a encore vingt ans, ici, c’était le paradis. On allait cueillir des asperges sauvages », confiait-il déjà au Parisien. Selon lui, la multiplication des villas contemporaines, la disparition des prairies, l’envolée des prix et l’arrivée d’une population plus huppée ont fait disparaître une part de l’identité locale.

Il ironise même sur son propre statut social changeant : « Comme dit Luchini : y a plus que des bobos ! », concède-t-il en conscience du paradoxe d’appartenir lui-même à cette clientèle qui transforme le paysage. Au-delà du goût personnel, l’acteur note un phénomène plus large : la fréquentation touristique permanente. Là où autrefois l’hiver ramenait le calme et les volets clos, les saisons se confondent désormais, les commerces restent ouverts et les locations se succèdent.

Une maison simple dans un décor qui change

Pourtant, sa demeure reste fidèle à l’esprit simple qu’il revendique. Meublée de grands canapés, d’une immense table en bois et de tableaux marins, la maison est décrite comme un « refuge chaleureux » plutôt qu’une vitrine mondaine. Hernandez explique avoir renoncé à une première maison à étages devenue impraticable avec l’âge : « L’âge avançant, les étages sont de plus en plus hauts. Alors, on a fait construire celle-ci ». Ce choix tient autant au confort qu’à la volonté de préserver un cadre intime.

Devant le portail, une Porsche peut attirer le regard des passants, mais il s’en amuse : « Moi, je n’ai qu’une vieille Twingo ! » La remarque souligne la distance qu’il met entre l’image extérieure et son quotidien réel sur l’île.

La mer, rituel et lien social

Ce qui définit surtout le bonheur rétais de Gérard Hernandez, c’est la mer. Il confie ne pas concevoir une journée sans pêche à pied. « Je ne peux pas vivre sans. J’aime pêcher les crevettes et les palourdes avec le doigt, au trou. Je pars avec mon panier et une fourchette en argent que m’avait donnée un vieux monsieur de 90 ans. Je ne m’en sers jamais, mais je la prends toujours. » Ce rituel, presque sacré, le relie à ses souvenirs et à une île qu’il estime moins accessible qu’autrefois.

En mer, il retrouve une bande d’amis fidèles, dont le réalisateur Jean Becker. « On rapporte du bar, mais on n’est pas des viandards : on ne prend que ce qu’on mange. Sur le bateau, on a 8 ans et demi », raconte-t-il, évoquant l’insouciance et la camaraderie qui persistent malgré les changements observés à terre.

Un couple soudé et des rites conviviaux

À terre, les journées de l’acteur se partagent entre lecture de la presse, mots croisés et débats politiques à la télévision. Il aime accompagner Micheline, son épouse, à la plage. Mariés depuis 1959, ils forment un couple décrit comme indissociable. « Même dans la maison, je n’aime pas être loin d’elle », répète-t-il souvent, ajoutant avec amusement qu’elle nage parfois « juste pour m’embêter », la surnommant « Robocop » en raison de sa vitalité.

Leur vie aux Portes-en-Ré conserve des rites de convivialité hérités de familles modestes : tables ouvertes, grandes tablées d’amis, soirées simples. « On ne peut pas faire de repas à moins de dix ou douze personnes », confie-t-il, soulignant combien le partage reste au cœur de leur quotidien.

Malgré ces attaches et ce bonheur apparent, la mélancolie demeure. À 93 ans, Gérard Hernandez continue de revenir chaque été sur cette île qu’il aime, mais chaque visite ravive la même sensation douce-amère : celle d’un paradis local qui, selon lui, s’est embourgeoisé. Son île n’a pas disparu, dit-il, mais elle a changé — et dans son regard perce la conviction qu’on lui a, peut-être, enlevé un peu de son paradis.

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