La décision de CNews de maintenir Jean‑Marc Morandini à l’antenne malgré sa condamnation pour corruption de mineurs continue de provoquer des remous au sein des médias. Mardi 20 janvier 2026, Sonia Mabrouk a pris la parole à ce sujet lors de la matinale partagée entre Europe 1 et CNews, alors qu’elle recevait le député socialiste de l’Essonne, Jérôme Guedj. Son intervention, rare et très personnelle, illustre l’émotion et la division qui traversent la rédaction.
Sonia Mabrouk : « Je n’en dors pas »
« C’est une décision qui ne m’appartient pas », a d’abord précisé Sonia Mabrouk, soulignant que le maintien de Morandini relevait d’un choix assumé par CNews. Elle a tenu à marquer sa distance vis‑à‑vis de cette décision : « J’ai beaucoup de respect pour ma direction, pour ma hiérarchie, mais en aucun cas ça ne vaut de cautionner cela, et en aucun cas c’est une complaisance morale par rapport à ce dont nous parlons, et qui est d’une gravité réelle. »
La journaliste a ensuite livré une confidence personnelle forte : « Je n’en dors pas depuis plusieurs jours. » Engagée dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, elle a affirmé penser « aux victimes, quelles qu’elles soient, et aux victimes les plus jeunes. Je pense aux mineurs. On ne peut pas me faire ce procès… »
Consciente des limites de son propos, elle a néanmoins nuancé sa position : « Je ne vais pas me substituer à la justice mais il n’a pas été condamné à ne plus exercer sa profession. » Par ces mots, elle a tenté d’articuler respect de l’institution judiciaire et empathie pour les victimes, tout en défendant la qualité du travail de la rédaction : « Je ne supporte pas que l’opprobre soit jeté sur toute une rédaction qui est exceptionnelle. »
Une absence remarquée le lendemain
Les déclarations de Sonia Mabrouk ont été suivies d’une disparition notable à l’antenne. Mercredi 21 janvier 2026, elle n’a pas pris la suite habituelle après la tranche présentée par Jean‑Marc Morandini. À sa place, Stéphanie de Muru a assuré la matinale, une présence que Clément Garin a présentée comme prévue. Selon lui, Stéphanie de Muru était déjà programmée pour lui succéder à partir de février dans le cadre d’un congé maternité.
Cette substitution a alimenté les interrogations et les commentaires sur les réseaux sociaux. Un message partagé sur Twitter, reproduit dans les échanges publics, suggérait : « Bizarrement, @SoMabrouk n’a pas repris l’antenne après Morandini aujourd’hui pour assurer son émission du midi News comme à son habitude. Est‑ce que ses propos d’hier ont déplu à sa direction, ou s’est‑elle mise d’elle‑même en retrait… affaire à suivre… 👀 https://t.co/cbr8dwIoTv pic.twitter.com/8rCeZl6fCx »
Des tensions internes et une rédaction divisée
La situation met en lumière des tensions internes entre lignes éditoriales, considérations déontologiques et fidélités professionnelles. Le maintien d’un animateur condamné pose une question d’éthique médiatique et ravive le débat sur la responsabilité des chaînes face aux affaires de violence sexuelle. Dans ce contexte, la prise de position publique d’un visage connu de la maison, comme Sonia Mabrouk, a renforcé la perception d’un malaise.
Sans dévoiler de détails supplémentaires sur les échanges internes, la réaction de la journaliste montre l’impact personnel de décisions institutionnelles. Sa déclaration souligne aussi un dilemme fréquent dans les rédactions : concilier respect des décisions juridiques et exigences morales ou symboliques de la parole publique.
Un sujet qui reste sensible
Au‑delà du cas Morandini, l’affaire relance le débat plus large sur la manière dont les médias gèrent les personnalités mises en cause dans des faits graves. Les réactions divergent entre défense du principe de justice et attente d’un retrait symbolique de la vie médiatique.
Les propos de Sonia Mabrouk, leur retentissement public et son absence consécutive ont alimenté les conversations autour de la chaîne et de ses choix éditoriaux. À ce stade, la direction de CNews n’a pas publié de commentaire nouveau au sujet de la gestion interne de cette polémique, et aucune information additionnelle n’a été communiquée publiquement concernant le calendrier de programmation au‑delà des éléments déjà évoqués.


