Ce 21 janvier 2026, la chaîne CStar diffuse La vraie famille, film porté par Mélanie Thierry. Elle y incarne Anna, une mère d’accueil confrontée à la douleur de la séparation lorsque le père biologique de l’enfant qu’elle élève souhaite reprendre la garde. Ce rôle intense, centré sur l’amour, la loyauté et les fractures familiales, illustre la sensibilité et la justesse d’une actrice habituée aux personnages complexes.
Une actrice au cœur du drame
Révélée très jeune dans le cinéma français, Mélanie Thierry a construit une carrière plurielle, capable de naviguer entre cinéma d’auteur et productions plus populaires. Dans La vraie famille, sa prestation concentre une palette d’émotions délicates : tendresse, colère retenue et constante interrogation morale. Le film remet en lumière une interprète qui sait trouver la vérité d’un personnage sans sombrer dans l’excès.
Ce rôle s’inscrit dans une trajectoire solide. Discrète sur sa vie privée, Mélanie Thierry privilégie le travail et les choix artistiques qui l’amènent à explorer des zones de jeu exigeantes. Sa filmographie témoigne d’un goût pour les personnages ambivalents, où la performance se joue autant dans le regard que dans les silences.
Une voix fragile et assumée
Si elle brille aujourd’hui à l’écran, Mélanie Thierry a aussi fait des incursions notables dans la musique. Bien avant d’être associée au nom de Raphaël, son compagnon depuis 2002, elle a prêté sa voix à un projet chargé de sens aux côtés de Lulu Gainsbourg. En 2011, Lulu publie From Gainsbourg to Lulu, un album hommage à Serge Gainsbourg, conçu comme une relecture sensible et internationale de l’œuvre du chanteur.
Parmi les invités prestigieux — Vanessa Paradis, Johnny Depp, Scarlett Johansson, Marianne Faithfull, Iggy Pop ou Rufus Wainwright — Mélanie Thierry participe au titre Ne dis rien. Loin de rechercher une prouesse vocale, la collaboration mise sur la présence et la sincérité. Sa voix, décrite comme fragile et habitée, apporte à la chanson une couleur intime qui se fond dans l’esprit de l’album.
Cette approche se résume bien dans une phrase qu’elle prononce en 2021 : « On s’en fiche de chanter faux, il faut juste se débarrasser de sa pudeur. » Cette affirmation illustre le parti pris d’une artiste pour qui la musique est d’abord un terrain d’émotion brute, complémentaire du travail d’interprétation au cinéma.
Des rencontres qui lient musique et cinéma
Sa première expérience musicale avec Lulu Gainsbourg marque une étape importante. Mélanie Thierry n’est pas chanteuse de formation, mais elle accepte de se mettre à nu dans un projet intime, presque familial, où chaque intervention se veut respectueuse de l’œuvre revisitée. Dire « oui » à Lulu relevait autant de la confiance que d’un désir d’explorer un autre mode d’expression.
Quelques années plus tard, elle poursuit cette exploration aux côtés de Raphaël. Le couple, uni depuis le début des années 2000, a fondé une famille et a trois enfants. Leurs univers professionnels se rejoignent par touches : le public se souvient notamment du clip Caravane, où le couple apparaît complice, et de la participation de Mélanie sur la chanson La question est why, présente sur l’album Anticyclone (2017).
Ces interventions musicales ne cherchent pas à rivaliser avec la technique vocale des chanteuses professionnelles. Elles témoignent plutôt d’une démarche sincère, presque artisanale, où l’émotion prime sur la performance. La musique devient pour elle un prolongement naturel du jeu d’actrice, une autre manière d’entrer dans un personnage.
Sur le plan cinématographique, son parcours comporte aussi des parenthèses musicales assumées. Sa participation à Tralala, film des frères Larrieu présenté en séance de minuit au Festival de Cannes en 2021, marque une nouvelle étape : dans cette comédie musicale décalée, Mélanie Thierry chante pour la première fois dans un cadre cinématographique assumé. Accompagnée par Jeanne Cherhal lors des répétitions, elle a franchi des angoisses et découvert une manière d’incarner par la voix autant que par le corps.
Ancienne mannequin, passée au cinéma d’auteur avant de toucher à des productions internationales, Mélanie Thierry a su préserver une trajectoire exigeante, loin des effets de mode et de la surexposition. À travers La vraie famille et ses incursions musicales, elle confirme une singularité : celle d’une artiste pour qui l’émotion, qu’elle soit chantée ou jouée, demeure l’élément central de sa démarche.


