Le copropriétaire du bar Le Constellation à Crans-Montana, Jacques Moretti, reste au centre d’un dossier judiciaire qui évolue rapidement depuis l’incendie meurtrier survenu lors des festivités du Nouvel An. Placé en détention provisoire en Suisse le 9 janvier 2026, il pourrait néanmoins être libéré sous condition, selon des éléments révélés par les médias suisses et les autorités en charge de l’enquête.
Procédure et conditions de remise en liberté sous caution
Le maintien en détention de Jacques Moretti avait été ordonné pour une période de trois mois, le 9 janvier dernier, le tribunal motivant cette mesure par un risque de fuite après son audition par le ministère public du canton du Valais. Pour envisager une sortie anticipée, la justice helvétique propose plusieurs mesures coercitives et obligations strictes.
Parmi les conditions énoncées, le ministère public recommande le versement d’une caution de 200 000 francs suisses, soit environ 215 000 euros, pour garantir le respect des obligations qui seraient imposées en cas de remise en liberté. La libération serait également soumise à la remise des documents d’identité de M. Moretti, à l’obligation de porter un bracelet électronique et à des convocations régulières au poste de police, proposées tous les trois jours dans l’une des options discutées devant le tribunal.
Selon le média suisse RTS et des informations relayées par 24 heures, une personne proche de la famille serait prête à s’acquitter de la caution, ouvrant ainsi une voie concrète vers une libération conditionnelle. Ces informations n’ont pas été confirmées officiellement par le parquet, qui reste maître des décisions et rappelle que toute remise en liberté se ferait dans le strict respect des mesures imposées par le tribunal.
L’enquête pénale : chefs d’accusation et responsabilités recherchées
L’incendie du bar Le Constellation, survenu dans la nuit du 1er janvier, a fait 40 morts et 116 blessés, parmi lesquels de nombreux jeunes festivaliers. Face à l’ampleur du drame, le parquet valaisan a ouvert une instruction pénale visant à établir les responsabilités des gérants de l’établissement, en l’occurrence le couple Jacques et Jessica Moretti.
La justice a engagé des poursuites pour des faits qualifiés de graves : « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence ». L’enquête doit permettre de déterminer si des manquements concrets aux normes de sécurité ont contribué à la tragédie. Les autorités cherchent notamment à savoir si des inspections obligatoires faisaient défaut ou si des issues de secours étaient fermées au moment de l’incident.
Les investigations se poursuivent afin de reconstituer les circonstances exactes de l’incendie, recouper les témoignages et analyser les éléments techniques. Le résultat de cette instruction conditionnera la suite des poursuites et les responsabilités éventuelles retenues contre les propriétaires et les exploitants du lieu.
Situation de Jessica Moretti et mesures à son encontre
À l’issue des auditions menées mercredi 9 janvier par le ministère public, la situation des deux époux a divergé. Jacques Moretti a été placé en détention préventive, alors que sa femme, Jessica, est restée libre sous contrôle judiciaire.
Parmi les obligations qui pèsent sur elle figurent l’interdiction de quitter le territoire suisse et la remise de ses documents d’identité. Ces mesures visent à garantir sa disponibilité pour les besoins de l’instruction et à limiter tout risque d’entrave à l’enquête. Les autorités précisent que le contrôle judiciaire implique des contraintes précises, destinées à assurer la manifestation de la vérité dans ce dossier complexe.
Contexte et retombées
Le drame de Crans-Montana a provoqué une onde de choc en Suisse et à l’étranger, en raison du nombre élevé de victimes et du moment choisi — la célébration du Nouvel An. De nombreuses questions demeurent sur la conformité des lieux aux règles de sécurité et sur les responsabilités exactes des exploitants.
Les suites judiciaires, lourdes de conséquences pour les personnes mises en cause, dépendront des conclusions de l’instruction pénale en cours. Pour l’heure, la possibilité d’une libération sous caution pour Jacques Moretti repose sur la mise en place de garanties financières et de mesures de surveillance strictes. Les autorités restent mobilisées pour mener une enquête approfondie et transparente.
Sources citées : RTS, 24 heures.


