Malgré la maladie, Christophe Pinna n’a rien perdu de son franc-parler. Ancien champion de karaté et professeur de sport de la Star Academy entre 2005 et 2008, il a accepté de répondre aux questions de Télé‑Loisirs. Interrogé sur la dernière saison, il ne cache pas sa déception, non pas à cause des candidats, mais en raison de la place accordée au sport dans le programme.
Une dernière expérience « chaotique »
Christophe Pinna se souvient surtout d’une « mauvaise dernière expérience » lors de sa dernière saison à la Star Academy, qu’il qualifie de chaotique pour l’exercice de sa matière. Selon lui, le changement de décor a pesé : « Cette année‑là, nous n’étions plus au château de Dammarie‑les‑Lys, mais dans le Marais, en plein coeur de Paris. Ce n’est pas un super souvenir car c’était difficile de faire du sport, et tout était compliqué, même pour la production », a‑t‑il confié à Télé‑Loisirs.
Au‑delà des contraintes matérielles, il évoque une ambiance tendue au sein de l’équipe pédagogique. Il revient notamment sur la présence de Marine Méchin, dont il doute de la finalité dans le dispositif : « Je crois que son rôle devait être de faire se disputer les élèves entre eux. Je n’ai jamais vraiment trop compris à quoi elle servait. Un jour, en plein prime, j’ai pris la parole pour l’attaquer. (…) Je pense que les clashs n’étaient pas la solution. »
Le sport, « ridiculisé » selon l’ancien professeur
Ce recul l’amène à s’interroger sur l’évolution de la place du sport dans l’émission. Pour Christophe Pinna, la discipline y a perdu en sérieux et en pédagogie. « J’ai du mal à comprendre la place du sport », dit‑il, avant de dénoncer : « On dirait que c’est de l’occupationnel, du jeu, contrairement à mon époque. On ridiculise le sport et le prof par la même occasion. Quand je vois ça, ça me fait mal. »
Il tient toutefois à dissocier sa critique de l’actuel professeur de sport, Ladji Doucouré, ancien champion français du 110 m haies : « Je n’ai rien contre lui, un grand athlète que je respecte énormément », assure‑t‑il. Pour Pinna, la Star Academy devrait rester « une école d’excellence » où chaque activité, et notamment le sport, contribue clairement à la progression des élèves.
Prendre du recul et des projets tournés vers l’humain
La fin de sa collaboration avec la télévison l’a conduit à prendre du recul. « J’en ai eu un peu ras‑le‑bol de la télé », reconnaît l’ancien professeur, qui dit suivre l’émission beaucoup moins régulièrement aujourd’hui. Il s’est concentré sur d’autres activités, loin des projecteurs.
Christophe Pinna dispense désormais des stages à travers le monde et gère une société d’événementiel. Il a également lancé un projet plus ancré dans le social : « un programme d’activité physique adaptée pour les personnes en perte d’autonomie dans les EHPAD. » Il indique travailler sur ce dispositif, dont l’objectif est d’améliorer la qualité de vie des personnes âgées en établissement.
En parallèle, le karatéka confie mener un combat personnel contre la maladie. Sans détailler son état, il mentionne la présence de cette épreuve dans sa vie actuelle. Ce contexte n’entame pas, selon lui, sa volonté d’agir et de transmettre son savoir dans d’autres cadres que la télévision.
Interrogations sur la mise en scène, souvenirs d’un dernier tournage difficile, et nouveaux engagements : le portrait qui se dessine est celui d’un sportif attaché à la pédagogie et à l’exigence, qui a choisi de s’éloigner des logiques télévisuelles pour consacrer son énergie à des projets concrets et solidaires.


