Figure connue des réseaux sociaux, Jenna Boulmedaïs, 24 ans, est devenue ces dernières années une voix reconnue dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. À la tête du média indépendant Joly Môme, elle fédère une importante audience en ligne, notamment près de 250 000 abonnés sur Instagram. Pourtant, depuis début janvier son nom est au cœur d’une affaire judiciaire qui a pris une forte visibilité médiatique et sur les réseaux sociaux.
Les accusations publiées par Lisa Jane-Rougerie
Le 3 janvier, l’actrice Lisa Jane-Rougerie, 21 ans, a publié une série de messages sur son compte Instagram dans lesquels elle raconte des faits survenus en juillet lors de vacances dans un village du Vaucluse. Selon son récit, elle et Jenna Boulmedaïs auraient rencontré deux hommes au cours d’une soirée puis les auraient retrouvés ultérieurement dans leur logement de vacances.
Lisa Jane-Rougerie affirme avoir « clairement refusé toute relation sexuelle » et relate s’être retirée dans sa chambre. Elle écrit par la suite qu’un homme serait entré nu dans sa chambre « après qu’il lui a été indiqué que j’étais consentante par Jenna Boulmedaïs ». La plaignante décrit ensuite avoir été conduite dans une autre pièce où se trouvaient le second homme et Jenna Boulmedaïs, « tous les deux dénudés ». Elle évoque un état de dissociation et juge que son absence de consentement était manifeste. « Mes gémissements de douleur n’ont pas été pris en compte », écrit-elle encore.
Dans ses publications, Lisa explique avoir mis du temps à qualifier les faits de viol. Ses messages ont suscité de nombreux témoignages de soutien et déclenché une vive controverse sur les réseaux sociaux, où le rôle attribué à Jenna Boulmedaïs a été largement commenté. Le Parisien a relayé ces publications et indique que la mise en lumière de ces faits a conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire pour « viol » et « non-assistance à personne en danger ».
Réponse de Jenna Boulmedaïs et suites judiciaires
Face aux accusations, Jenna Boulmedaïs a pris la parole le 7 janvier sur son compte Instagram, comme le rapportent nos confrères du Parisien. Elle y dément formellement toute implication: « Je n’ai jamais organisé, commis, couvert ni encouragé une agression sexuelle ni un viol sous quelque forme que ce soit », écrit-elle. Elle affirme avoir eu connaissance du viol subi par son amie sans en avoir été l’initiatrice et ajoute que « rien ne [lui] a laissé penser qu’il pouvait y avoir un défaut de consentement ».
Après ces publications, Lisa Jane-Rougerie a déposé une plainte début janvier. Selon les informations disponibles, la plainte vise l’agresseur présumé, qui reste à identifier, pour des faits de « viol », et Jenna Boulmedaïs pour « non-assistance à personne en danger ». Une enquête judiciaire a été ouverte afin de préciser les responsabilités de chacun et de corroborer les éléments des récits.
La jeune actrice a été de nouveau entendue par les policiers du commissariat central de Paris le mardi 13 janvier, chargés du dossier. Son avocat, Me Boué-Diacquenod, a déclaré qu’elle avait « réitéré les termes de sa plainte initiale » et qu’elle ne souhaitait pas s’exprimer davantage pendant le déroulement de l’enquête. De son côté, Jenna Boulmedaïs a annoncé son intention de déposer plainte pour « diffamation » contre son ancienne amie.
Sollicitée à plusieurs reprises par la presse, Jenna n’a pas donné suite aux demandes d’entretien du Parisien, selon le quotidien. L’enquête suit son cours, et les autorités judiciaires sont chargées de déterminer les éventuelles implications pénales des faits rapportés.
Réactions et contexte public
Cette affaire intervient alors que Jenna Boulmedaïs est identifiée publiquement comme une influenceuse engagée contre les violences sexistes et sexuelles. Sa position et sa visibilité numérique expliquent en partie l’ampleur de la médiatisation et des réactions en ligne. Les publications des deux parties ont suscité des commentaires très contrastés, allant du soutien à la plaignante à la défense de l’influenceuse.
À ce stade, l’enquête judiciaire est le cadre officiel pour établir les faits et les responsabilités. Les éléments publiés sur les réseaux sociaux ont servi de déclencheur à l’ouverture d’investigations, mais le dossier devra être instruit par les services compétents pour aboutir à des décisions judiciaires.


