Le 14 janvier 2026, Philippe Candeloro était l’un des invités de La Grosse Rigolade sur W9, l’émission animée par Cyril Hanouna. Autour de la table figuraient un casting hétéroclite : Jean‑Marie Bigard, Patrick Sébastien, Paga, Jean Lassalle… et l’ancien champion de patinage artistique, connu pour son franc‑parler et son goût du spectacle. Derrière l’ambiance potache, le parcours de Candeloro reste marqué par un drame qui a failli lui coûter la vie : le crash des hélicoptères du jeu Dropped, en mars 2015, en Argentine. Le souvenir de cet événement a longtemps précédé ses apparitions médiatiques et continue d’éclairer sa relation à la scène publique.
Le drame en Argentine
Philippe Candeloro faisait partie des candidats du jeu Dropped, produit par ALP, lorsque deux hélicoptères sont entrés en collision au‑dessus de La Rioja, en mars 2015. Dix personnes ont trouvé la mort : parmi elles, les sportifs Florence Arthaud, Camille Muffat et Alexis Vastine, ainsi que des pilotes et des membres de l’équipe de production. Candeloro n’était pas encore monté à bord de l’un des appareils pour la rotation suivante, circonstance qui lui a valu d’être perçu par le public comme un « miraculé », une étiquette qu’il a toujours rejetée.
Quelques jours après l’accident, il déclarait : « Je ne me considère pas comme un miraculé. C’est la fatalité. » Dans ses récits, il conserve une distance lucide : pas de sensation d’être protégé, seulement la brutalité d’un instant qui a basculé des vies.
Le jour du drame, Candeloro se trouvait avec d’autres candidats dans un camion de la production. Il a vu les hélicoptères décoller et effectuer leurs manœuvres habituelles. Quinze minutes plus tard, « un grand splash », racontera‑t‑il, puis une épaisse fumée noire qui s’élève. Avec des membres de l’équipe et quelques candidats, il se rend sur le lieu du crash, à quelques centaines de mètres. Les images qu’il rapporte restent fortes : des flammes, des carcasses disloquées, l’un des hélicoptères explosé à l’impact, l’autre accroché à un arbre et ravagé par le feu.
Arrivé presque immédiatement après l’accident, il explique avoir eu l’instinct de porter secours. Mais il n’y avait personne à sauver. Face à la violence de la scène, il dit avoir été choqué et éprouvé, incapable de se réjouir de sa propre survie. « Pourquoi eux et pas moi ? » confie‑t‑il, question partagée par d’autres témoins de catastrophes.
La parole de Candeloro et le procès des circonstances
Contrairement à certaines voix critiques à l’époque, Philippe Candeloro n’a jamais accusé sans réserve la production. Il a souligné que des décisions de sécurité avaient déjà été prises lors du tournage : un précédent arrêt à Ushuaia en raison de la météo, et un retard de plusieurs heures au départ à La Rioja. Pour lui, les pilotes « n’étaient pas des irresponsables », et l’hypothèse d’une pression exercée pour obtenir des images plus spectaculaires ne suffit pas à expliquer la tragédie.
Sa posture publique a alterné entre pudeur et lucidité. Il refuse la récupération émotionnelle et reste discret sur l’impact intime de l’événement. Il évoque toutefois les liens tissés avec les disparus : non pas toujours des amitiés profondes, mais une proximité née du quotidien partagé — discussions à l’hôtel, parties de cartes, confidences. Ces fragments de vie interrompus renforcent, selon lui, la dimension humaine et tragique de l’accident.
Reprendre le cours de la vie
De retour en France quelques jours après le drame, accueilli à l’aéroport par sa famille, Philippe Candeloro a choisi de replonger rapidement dans ses activités pour ne pas se laisser submerger par les images. Il a repris ses engagements sportifs et médiatiques, tout en gardant la mémoire des disparus. Onze ans plus tard, sa présence dans une émission festive comme La Grosse Rigolade illustre cette dualité : le goût du rire et de la provocation coexiste chez lui avec une conscience aiguë de la fragilité de l’existence.
Si l’on peut dire qu’il a « échappé » à la mort, Candeloro refuse néanmoins de se parer du statut de survivant. Il préfère la pudeur au pathos et privilégie le mouvement — une manière fidèle à l’esprit du sportif : tomber, se relever et continuer à glisser. Sa trajectoire publique met en lumière la manière dont certains personnages médiatiques conjugent présence festive et mémoire d’un traumatisme personnel, sans renier ni l’un ni l’autre.


