C’est un drame qui marque profondément la Suisse et a rongé le calme de Crans-Montana : l’incendie mortel du bar Le Constellation, survenu lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, a transformé un réveillon en catastrophe. Ce soir-là, des dizaines de jeunes étaient réunis pour fêter la nouvelle année. L’établissement a pris feu et le bilan est lourd : quarante personnes décédées, âgées de 14 à 39 ans, dont neuf Français, et 116 blessés.
Une soirée qui tourne au cauchemar
Les images et les témoignages qui ont fuité depuis la tragédie attestent du chaos survenu dans la nuit. Sur certains clichés, on voit notamment une jeune femme casquée, assise sur les épaules d’un homme, tenant des bouteilles de champagne ornées de bougies étincelantes. Ces photographies, qui ont largement circulé, ont contribué à identifier certaines victimes et à illustrer l’atmosphère festive qui régnait quelques instants avant le drame.
La station de Crans-Montana, habituellement associée aux sports d’hiver et au tourisme, restera liée à cet incendie dans la mémoire collective. Les autorités suisses ont ouvert une enquête pour établir les causes exactes et comprendre comment la soirée a dégénéré en un bilan humain si lourd.
Enquête en cours et mise en examen des gérants
L’instruction vise notamment à déterminer d’éventuelles responsabilités pénales. Les deux gérants français du Constellation sont au cœur des investigations. Ils tenaient le bar depuis 2015, selon les éléments diffusés. Jacques Moretti a été placé en détention provisoire pour trois mois. Quant à sa femme, Jessica Moretti, copropriétaire de l’établissement, la justice lui a, le 13 janvier, formellement interdit de quitter la Suisse par crainte d’une fuite.
Les enquêteurs devront établir les circonstances précises du sinistre et la conformité des mesures de sécurité du lieu. À ce stade, les autorités continuent de rassembler témoignages, images et expertises techniques pour reconstituer les dernières heures de la soirée et attribuer les responsabilités.
Le visage d’une victime : Cyane, 24 ans
Parmi les quarante victimes se trouve Cyane, 24 ans, originaire de Sète. Sa disparition a suscité une émotion particulière, en partie parce que son identité a été longtemps méconnue malgré la diffusion d’images de la soirée. Elle travaillait pour le couple Moretti depuis plusieurs saisons.
Lors de son audition, Jacques Moretti a formellement identifié la jeune femme. Le gérant a déclaré qu’il était entré par une porte de service le soir du drame, accompagné du compagnon de la victime. « Nous avons essayé de la réanimer pendant plus d’une heure, jusqu’à ce que les ambulanciers nous disent qu’il était trop tard », a-t-il rapporté.
Jessica Moretti, copropriétaire et épouse de Jacques, a exprimé son désarroi en des termes très personnels : « Elle était pour nous comme une belle‑fille, comme ma petite sœur. Elle a passé Noël avec nous. Je suis anéantie. » Ces paroles traduisent l’ampleur du choc vécu par l’équipe du bar et par les proches.
Le compagnon de Cyane, Jean‑Marc, a aussi pris la parole devant les caméras de BFM TV. Très ému, il a rendu hommage à la jeune femme : « [Elle] qui voulait toujours faire rire. C’était une très belle femme, et une encore plus belle de l’intérieur, toujours prête à aider et faire sourire les gens. »
Les témoignages, les photos et les déclarations des proches contribuent à dresser le portrait de victimes devenues symboles de la tragédie. Tandis que la communauté locale pleure, la procédure judiciaire et les expertises techniques doivent permettre de comprendre ce qui s’est réellement produit et d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise.


