Claude François né en Égypte : hommage au Grand Échiquier révèle son exil, sa peur de la mort et son choix d’être embaumé, un aspect méconnu de l’icône yéyé

Table of Content

Ce 13 janvier 2026, l’émission Le Grand Échiquier consacre une soirée exceptionnelle à Claude François sur France 2. Depuis le cadre solennel de l’Opéra royal du château de Versailles, Claire Chazal et André Manoukian animent un hommage réunissant de nombreux artistes.

Un concert-hommage à Versailles

La mise en scène affirme la grandeur de l’événement. L’Orchestre de l’Opéra Royal, dirigé par Victor Jacob, accompagne 200 chanteurs de la chorale Spectacul’Art. Ensemble, ils revisitent l’œuvre et la mémoire de « Cloclo », figure incontournable de la période yéyé.

Au-delà des tubes et des chorégraphies, la soirée entend aussi explorer des aspects moins médiatisés de sa vie. Les interventions évoquent son parcours, ses obsessions et les choix personnels qui ont façonné sa postérité.

Né en Égypte, marqué par l’exil

Claude François est né le 1er février 1939 à Ismaïlia, en Égypte. Il grandit au bord du canal de Suez dans une famille française dont le père, Aimé François, était contrôleur de la circulation maritime. La famille vivait alors confortablement, dans une grande villa entourée de domestiques.

La Seconde Guerre mondiale et les bombardements brisent cet équilibre. L’aviation détruit la villa familiale et expose le jeune Claude au déracinement et à la peur.

Autre rupture majeure : la crise de Suez en 1956. Après la nationalisation du canal par Gamal Abdel Nasser, la famille François fait comme de nombreux ressortissants français et quitte l’Égypte. Ruinés, ils s’installent d’abord à Monaco, puis à Nice. Ce traumatisme du départ laissera une empreinte durable, souvent évoquée par le chanteur comme une contradiction entre une enfance ensoleillée et l’exil forcé.

La peur de la mort et le rythme du vivant

Derrière l’image du showman infatigable et du perfectionniste, Claude François cultivait une angoisse profonde face à la mort. Accidents, agressions, et attentats évités de justesse ponctuent sa vie, selon les récits de son entourage.

Il confessait à plusieurs reprises sa peur du néant, consultait des voyantes et exprimait un pressentiment d’une mort précoce. Cette inquiétude a sans doute nourri son rythme de travail effréné. Travailler sans relâche apparaissait comme une manière de défier le temps et de brûler la vie par les deux bouts.

Un désir funéraire singulier

Parmi les choix les plus surprenants révélés après sa disparition, figure sa volonté d’être embaumé. Claude François est décédé le 11 mars 1978. Selon son entourage et son biographe Fabien Lecoeuvre, il tenait absolument à ce que son corps soit traité selon cette pratique.

L’embaumement, très rare en France à l’époque, consiste à retarder la décomposition du corps en traitant la dépouille avec des substances antiseptiques et en extrayant parfois les viscères. Cette pratique renvoie à des pratiques anciennes, notamment en Égypte, où la momification avait un rôle symbolique fort.

Conformément à sa volonté, son corps a été embaumé puis placé dans un premier cercueil de plomb. Il a ensuite été disposé dans un cercueil d’acajou capitonné de velours bleu vénitien. Selon les témoignages, ce choix visait à préserver son apparence et à maîtriser, jusqu’au bout, l’image publique qu’il avait construite.

En France, l’embaumement restait longtemps associé aux souverains et aux grandes figures publiques. Pour Claude François, ce rituel funéraire a semblé assurer une ultime mise en scène, en écho à l’exigence d’un artiste soucieux de paraître.

Ses obsèques, célébrées le 15 mars 1978 à l’église Notre-Dame-d’Auteuil, attirent une foule immense. Fans en pleurs et scènes d’hystérie collective se mêlent aux hommages, montrant à quel point la disparition de Cloclo a marqué une génération.

Il repose aujourd’hui au cimetière de Dannemois, dans l’Essonne. Le lieu est devenu, au fil des décennies, un site de pèlerinage pour des admirateurs venus entretenir la mémoire de l’artiste.

Près de cinquante ans après sa mort, l’hommage programmé par Le Grand Échiquier rappelle combien Claude François demeure présent dans la mémoire collective. Né en Égypte, façonné par l’exil et hanté par la peur de la mort, il aura cherché, jusque dans ses choix funéraires, à défier le temps et à fixer son image pour l’éternité.

Society News

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Featured Posts

Featured Posts

Chaque jour l’actualité des célébrités, les buzz du moment et les tendances qui font parler. Mode, vie privée, événements et révélations : retrouvez en un clic l’essentiel du monde people et lifestyle.

Featured Posts