Figure incontournable du cinéma français, Karin Viard était mise à l’honneur dimanche 11 janvier 2026 lors de la diffusion de Sage-homme sur France 2. À cette occasion, ses récentes et plus anciennes déclarations refont surface, notamment un long entretien accordé au magazine Trois Couleurs en 2021, où l’actrice s’était livrée sans détours sur son rapport au métier et au choix des rôles.
Une actrice qui revendique la liberté de jeu
Dans cet entretien, Karin Viard développe une vision du métier ancrée dans le pragmatisme et la sincérité. « Être une actrice populaire de comédie, c’est déjà pas mal, non ? Faut juste essayer de slalomer entre les mauvais films et de ne pas gonfler les gens », expliquait-elle, résumant ainsi l’ambition de durer sans trahir le public ni se perdre dans des projets creux.
Elle ajoute nettement qu’elle refuse certains stéréotypes : « Moi, je ne peux pas jouer les ‘princesses qui sentent bon’, ça ne me parle pas, je ne comprends pas. » Mais son appétit pour des rôles plus noirs reste intact. « Une femme qui tue son gosse ou qui plaque tout, ça, par contre, ça existe, je peux m’en emparer », précisait-elle, soulignant sa volonté d’explorer des personnages complexes et parfois dérangeants.
Cette posture éclaire le parcours polyvalent de Karin Viard, capable d’alterner comédies populaires et drames plus exigeants. Elle y voit un terrain d’expérimentation social et psychologique, où la représentation de femmes imparfaites ou transgressives a autant de valeur qu’un rôle attendu et rassurant.
Provocations et revendications : une parole assumée
L’actrice ne s’interdit pas d’être provocante quand il s’agit d’évoquer la place des femmes à l’écran. Lors de l’entretien, elle déclarait : « On n’a pas brûlé nos soutiens-gorge pour que je me retrouve à jouer les mémères tranquilles. Mon rôle d’actrice, c’est de vous montrer qu’une femme bande autant que vous ! » Ces mots franc-parler ont été repris et commentés, car ils rompent avec une certaine bienséance traditionnelle autour des actrices et de la sexualité des personnages féminins.
La franchise de Karin Viard, parfois crue, traduit un choix d’authenticité : interroger les tabous par le jeu plutôt que de les contourner. Elle revendique ainsi une liberté artistique qui passe par des rôles non conformistes, et par la capacité d’un acteur à surprendre et à déranger, autant qu’à émouvoir.
Des liens étroits avec les réalisateurs, en particulier les Larrieu
Au-delà des personnages, Karin Viard insiste sur l’importance des relations humaines avec les gens derrière la caméra. « Quand la partition est belle et que tu aimes les gens derrière la caméra, ton ego passe après. Tu as juste envie d’en être, même si un second rôle, c’est toujours un peu frustrant », avouait-elle, rappelant que le désir de participer à un projet prime souvent sur la vanité personnelle.
Son attachement aux frères Larrieu, qu’elle évoque avec familiarité, illustre cette proximité artistique. « Les Larrieu, c’est la famille. C’est comme mes cousins. Ils m’appellent et ils jouent à la poupée avec moi. Bon, d’accord, vous allez me dire que c’est des jeux un peu porno. Mais dans l’histoire de France, on a beaucoup baisé entre cousins ! », confiait-elle, sur un ton volontairement provocateur et ironique. Cette image de famille élargie traduit une confiance créative, mais aussi une liberté de ton dans les échanges.
Confrontée à des textes exigeants, Karin Viard raconte sa méthode : recevoir un scénario, se poser la question de la mise en scène du monologue et trouver « comment s’amuser avec ce texte-là ». « Quand je reçois le scénario des Larrieu avec ces longs monologues, je me dis : ‘OK, comment je vais faire ça ?’, c’est tout. Je ne mets pas non plus mon image en danger, faut pas déconner ! Une fois que j’accepte, j’assume, et il s’agit de bien faire les choses », expliquait-elle.
Ces confidences, tenues en 2021, éclairent le rapport de Karin Viard au cinéma : un équilibre entre exigence artistique, fidélités humaines et provocation assumée. La diffusion récente de Sage-homme rappelle au public la singularité d’une actrice qui, depuis des décennies, choisit de surprendre plutôt que de se conformer aux attentes.


