L’ouverture de la Maison Serge Gainsbourg, située rue de Verneuil dans le VIIᵉ arrondissement de Paris, devait être un moment de célébration pour les admirateurs du chanteur disparu en mars 1991. Mais derrière l’enthousiasme du public venu découvrir l’univers intime de l’artiste, Charlotte Gainsbourg a traversé une période éprouvante, marquée par des conflits financiers et judiciaires avec un associé.
Conflit et condamnation
Selon des informations révélées par Le Parisien en septembre dernier, Charlotte Gainsbourg et Dominique Dutreix détenaient des parts égales dans la société chargée de gérer la Maison Gainsbourg. La collaboration a rapidement dégénéré en litige.
Dominique Dutreix a été condamné à rembourser des sommes importantes considérées comme indûment prélevées sur le compte courant de la structure : précisément 482 000 euros et 506 000 euros. Ces montants, totalisant près d’un million d’euros, ont fragilisé la santé financière du projet.
Outre la condamnation civile, Dutreix a fait l’objet de poursuites pénales pour abus de biens sociaux. Les pratiques mises en cause auraient provoqué le gel des paiements à plusieurs fournisseurs et entreprises en charge des travaux. Conséquence : l’ouverture de la Maison Gainsbourg a été retardée d’environ dix-huit mois.
La Maison Gainsbourg placée en redressement judiciaire
Face à l’ampleur de la dette et aux difficultés opérationnelles, la Maison Gainsbourg a été placée en redressement judiciaire. Plusieurs scénarios de reprise ont alors été étudiés pour éviter la disparition du lieu et protéger l’héritage de Serge Gainsbourg.
Parmi les pistes évoquées figurait le soutien financier de Philippe Dabi. Dirigeant des laboratoires Bioclinic, présenté comme proche de Charlotte Gainsbourg, il est décrit par Challenges comme détentrice d’une fortune estimée à 100 millions d’euros. Les discussions ont abouti à une solution commerciale et financière concrète.
Ce jeudi 8 janvier 2026, Le magazine a d’ailleurs révélé que la Maison Gainsbourg avait finalement été reprise pour 850 000 euros via la holding Avoda, appartenant à Philippe Dabi. Un accord aurait été signé entre Charlotte Gainsbourg et son « ami ». « Ce contrat, qui représente 2,9 millions d’euros sur cinq ans et expire en 2027 », marque une nouvelle étape pour préserver et faire vivre l’héritage de Serge Gainsbourg.
La transaction, telle qu’elle est présentée, vise à stabiliser la gestion quotidienne et à assurer le paiement des dettes et des prestataires affectés par la période de blocage. Elle ouvre aussi la perspective d’une exploitation pérenne du lieu, après les perturbations causées par le contentieux.
Un avenir préservé mais sous surveillance
Pour Charlotte Gainsbourg, la reprise par la holding d’un proche représente une issue pragmatique après des mois de tensions judiciaires et financières. Le point reste sensible : la conservation de l’esprit et de la mémoire de Serge Gainsbourg dépendra désormais d’engagements contractuels et de la capacité de la nouvelle structure à honorer ses promesses.
Les montants cités, les décisions de justice et la chronologie des événements illustrent la complexité d’un projet mêlant patrimoine culturel et intérêts économiques. Les amateurs de l’artiste pourront désormais visiter la Maison, mais l’histoire récente rappelle que la sauvegarde d’un héritage artistique passe souvent par des arbitrages financiers délicats.


