Ce 6 janvier 2026 marque le premier anniversaire de la disparition de Thierry Ardisson. Il aurait eu 76 ans. Loin de l’agitation des plateaux parisiens, l’animateur et producteur avait trouvé en Normandie un refuge qu’il évoquait comme essentiel à sa vie familiale et à son travail.
Un refuge normand entre prairies et chevaux
Située près d’Argentan, dans l’Orne, la propriété de Thierry Ardisson est décrite comme une vaste demeure — un ancien haras niché au cœur du bocage. C’est à Sai, à quelques kilomètres du Haras du Pin, que l’animateur avait posé ses bagages au début des années 1990. La bâtisse, datant du XVIIIᵉ siècle, était entourée de prairies et d’équidés, un décor qu’il privilégiait au faste des résidences mondaines.
« J’ai quelques chevaux mais je n’en élève pas », disait-il avec simplicité, soulignant l’atmosphère du lieu plus que son prestige. Cette maison n’était pas un caprice de star, mais une base et un ancrage familial. « C’est un endroit où mon ex-femme est partie habiter lorsque mes enfants étaient petits », expliquait-il, rappelant le rôle central du lieu dans l’enfance de ses trois enfants : Ninon, Manon et Gaston.
Ardisson avait fait un choix volontaire : éloigner la fratrie du confort et des codes parisiens. Il refusait l’idée qu’ils grandissent dans « des bahuts de gosses de riches à Paris ». À ses yeux, la campagne offrait des rythmes différents, une proximité avec la nature et, surtout, une normalité qu’il revendiquait fièrement. « Ils sont normaux », répétait-il souvent.
Un quotidien cadré et une vie dédiée à l’écriture
La demeure normande était aussi un lieu de travail et de retrait. Ardisson y conservait ses livres, ses photos et ses souvenirs de carrière, loin du tumulte médiatique. Il qualifiait cet espace presque d’« irréel », placé aux antipodes de la vie parisienne.
Dans ce cadre rural, il témoignait d’une discipline presque monacale : lecture attentive de la presse chaque matin à Argentan, longues heures d’écriture dans le calme, puis équitation l’après-midi. Ce rythme, loin des dîners mondains et des nuits parisiennes, nourrissait sa créativité et lui apportait une concentration qu’il estimait difficile à trouver dans la capitale. Pour lui, la campagne représentait une forme de liberté intellectuelle.
La météo, souvent évoquée avec humour, faisait partie de cette identité régionale. « Il y pleut dix mois sur douze, mais les deux mois restants, c’est super sympa », aimait-il dire, prenant la pluie comme un trait caractéristique de sa Normandie d’adoption plutôt qu’un inconvénient.
Engagement local : défense du paysage et lutte contre une décharge
Au-delà de la retraite et de la vie quotidienne, Thierry Ardisson s’est aussi engagé pour la préservation du territoire qui l’avait accueilli. En 2013, il est devenu l’un des visages médiatiques de la mobilisation contre le projet de décharge industrielle de Nonant-le-Pin, situé à quelques kilomètres de sa propriété.
Refusant de voir menacer l’écosystème local, il s’est joint aux riverains, agriculteurs et éleveurs. Il a dénoncé un projet qu’il estimait incompatible avec ce qu’il appelait une « terre de chevaux » et a même qualifié la région de « Saint-Émilion du cheval français ». Son implication a donné une résonance nationale au combat local et lui a permis de rallier d’autres personnalités à la cause, parmi lesquelles Stéphane Bern et Luc Besson.
Un héritage au-delà du petit écran
Même lorsqu’il se faisait plus rare dans l’Orne, Ardisson n’a jamais renié ce lien à la Normandie. Jusqu’à la fin, il disait vouloir défendre le patrimoine, la culture et les paysages qui avaient bercé la croissance de ses enfants. Sa maison de Sai n’était pas seulement une résidence secondaire : elle incarnait une idée de transmission, de temps long et d’enracinement.
Thierry Ardisson est décédé le 14 juillet 2025 des suites d’un cancer du foie. Au-delà de son héritage télévisuel, la demeure normande près d’Argentan reste le symbole d’un choix de vie : faire grandir sa famille loin des projecteurs, au cœur d’une campagne qu’il aimait et qu’il n’a cessé de défendre.


