Le 6 décembre 2025 restera une date marquante pour Aïnhoa Lahitete. Ce jour-là, la jeune Basque de 19 ans participait à l’élection de Miss France 2026 après avoir été sacrée Miss Aquitaine quelques semaines plus tôt. Quelques heures après la diffusion de la cérémonie depuis le Zénith d’Amiens, une vidéo tournée dans les coulisses a déclenché une polémique qui a rapidement pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux et dans les médias.
La vidéo qui a déclenché la polémique
Selon les éléments rapportés, la séquence incriminée avait été filmée sur Snapchat et publiée à l’origine en privé. On y voit Aïnhoa réagir avec émotion à sa non-qualification dans le top 12. À ses côtés, Miss Provence exprime ensuite une forte déception et tient des propos jugés insultants vis‑à‑vis de candidates qualifiées. Un terme particulièrement dur aurait été employé par sa consœur, d’après les comptes rendus.
La vidéo a été largement partagée par un influenceur, ce qui a accéléré sa diffusion et provoqué une vague d’indignation en ligne. En quelques minutes, posts et commentaires ont commencé à condamner les propos tenus, transformant un instant de frustration en une affaire publique.
Face à la réaction médiatique et à la pression sur les réseaux sociaux, les comités régionaux et la Société Miss France ont jugé que les déclarations étaient « incompatibles avec les valeurs de respect » attendues des titulaires de titres régionaux. Malgré des excuses publiques émises par Aïnhoa et par Miss Provence, la décision de destitution a été confirmée : Aïnhoa Lahitete a été déchue de son titre de Miss Aquitaine 2025, de même que Miss Provence.
Miss Aquitaine est @aïnhoa #missaquitaine #missfrance
Conséquences personnelles et réactions publiques
Après l’annonce de sa destitution, Aïnhoa Lahitete est sortie du silence en accordant une interview à la presse. Elle a raconté combien cette expérience avait été difficile à vivre, non seulement à cause de la sanction administrative, mais surtout en raison du comportement des internautes.
La jeune femme a fait état de messages très agressifs, allant jusqu’à des menaces de mort. Ces attaques ont, selon elle, rendu la période particulièrement éprouvante. Dans son témoignage, Aïnhoa a réaffirmé son « regret sincère » pour les propos tenus et a évoqué la volonté de tourner la page pour se concentrer sur ses projets personnels et professionnels.
La destitution a provoqué des réactions contrastées. Certains ont estimé la sanction nécessaire, au vu du rôle de modèle attendu des élues locales. D’autres ont dénoncé, en parallèle, la sévérité des attaques en ligne et le cyberharcèlement subi par les deux jeunes femmes. Cette double dimension — sanction institutionnelle et violences numériques — a alimenté le débat public autour de l’affaire.
Impact et enseignements sur l’usage des réseaux sociaux
L’affaire Aïnhoa Lahitete illustre à la fois la rapidité de diffusion de contenus privés et la difficulté pour des candidates, souvent très jeunes, de gérer la visibilité publique. Un moment d’émotion capté dans les coulisses s’est transformé en crise médiatique aux conséquences durables.
Pour les organisateurs comme pour les titulaires de titres, la situation pose des questions sur la préparation à l’exposition médiatique, la gestion de la vie privée et les règles de conduite attendues. Les comités régionaux ont expliqué s’appuyer sur des critères de comportement et d’image, considérés comme essentiels pour représenter une région ou l’institution Miss France.
La réaction en chaîne déclenchée par cette vidéo rappelle aussi l’importance d’une communication réfléchie, même en dehors des caméras officielles. Elle souligne la fragilité des trajectoires publiques à l’ère des réseaux sociaux, où une séquence diffusée en privé peut, en quelques clics, devenir un dossier public.
Sans prétendre épuiser le sujet, cette affaire met en lumière deux réalités : la responsabilité des candidates placées sous les projecteurs et l’ampleur des conséquences personnelles quand la parole privée devient publique. Pour Aïnhoa Lahitete, comme pour d’autres concernées dans des situations similaires, l’enjeu sera sans doute de se reconstruire après une expérience médiatique et humaine qui a dépassé le cadre initial d’un concours de beauté.


