Accident de Lille : Médiapart identifie Jean‑Louis Brochen, mari de Martine Aubry — classement sans suite et fuite du dossier soulèvent de vifs soupçons

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Le 19 février 2024, une collision violente se produit à Lille. Selon une enquête publiée par Médiapart, le conducteur d’un SUV a manqué un virage et percuté un autre véhicule. La conductrice percutée souffre de blessures graves à la tête et de lésions oculaires atteignant la cornée. Elle reçoit 30 jours d’ITT. L’enquête publique va rapidement mettre en lumière l’identité du conducteur : il s’agit, toujours d’après Médiapart, de Jean‑Louis Brochen, l’époux de Martine Aubry. Mais la procédure pénale se soldera par un classement sans suite, qui soulève depuis de nombreuses questions et incompréhensions.

Les faits et la chronologie

Le soir du 19 février 2024, un SUV heurte un autre véhicule à hauteur de Lille. La conductrice du véhicule heurté est gravement touchée, « le visage en sang » selon le récit des témoins. Elle est secourue par un couple témoin de l’accident et bénéficie d’une interruption temporaire de travail (ITT) de 30 jours ainsi que de lésions oculaires importantes.

Le SUV appartient à Martine Aubry, alors maire de Lille, précise Médiapart. Le policier chargé des premières investigations identifie rapidement que c’est Jean‑Louis Brochen qui conduisait. Selon son audition libre, l’ex‑bâtonnier admet avoir causé les blessures involontaires, mais nie être parti intentionnellement du lieu des faits — il explique ne pas avoir perçu la gravité du choc et croit initialement que le feu tricolore renversé était tombé seul.

Pourtant, le parquet de Lille décide de classer l’affaire sans suite le 23 mai 2024. Le motif invoqué dans la décision est l’existence d’un « constat amiable entre les deux automobilistes ». Plusieurs éléments du dossier rendent cette explication contestable.

Un constat amiable qui n’existe pas

La victime affirme avoir été contactée par la procureure de Lille de l’époque, qui lui aurait « proposé la rédaction d’un constat amiable ». Elle déclare avoir refusé cette proposition : « J’ai clairement refusé sa prestation. Je ne comprends pas cette proposition de constat à l’amiable. Je souhaitais que l’enquête avance, et que la justice passe », confie‑t‑elle à Médiapart.

Contacté par le même média, Jean‑Louis Brochen reconnaît qu’aucun constat amiable n’a été établi. Dès lors, la mention d’un tel constat dans la décision de classement interroge : comment un élément factuel inexact peut‑il fonder, en tout ou en partie, l’abandon des poursuites ? Lors de son audition, Brochen a reconnu les blessures involontaires infligées à la conductrice, mais a nié formellement le délit de fuite.

Fuite du dossier et suites administratives

Autre point sensible soulevé par l’enquête : le dossier, qui devait rester confidentiel, aurait fuité jusqu’à l’hôtel de ville de Lille. Les auteurs de cette fuite auraient reçu un simple rappel à l’ordre. Par la suite, l’agent municipal qui avait transmis l’information au cabinet aurait été « discrètement éconduit », selon les éléments publiés. Médiapart rapporte également que l’enquête menée par les services de police a été « express » et n’a duré que quelques semaines.

Depuis le classement sans suite, la procureure en poste au moment des faits, Carole Étienne, a été mutée à la cour d’appel d’Angers. Selon le média, elle a refusé toutes les demandes d’entretien formulées à son attention. La victime, elle, se déclare toujours « victime d’une injustice » et continue de s’interroger sur la conduite de l’enquête.

En droit pénal français, la combinaison de blessures involontaires entraînant une ITT de 30 jours et d’un délit de fuite peut être sanctionnée jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Dans cette affaire, l’élément déterminant du classement reste la mention d’un constat amiable qui, selon les témoignages et les vérifications publiées, n’aurait jamais existé.

Questions sans réponses

Plusieurs points demeurent non élucidés à ce stade : la nature précise des investigations menées avant le classement, les raisons du traitement rapide du dossier et la responsabilité éventuelle de tiers dans la fuite d’informations. Médiapart a mis ces éléments en lumière, mais le classement rendu le 23 mai 2024 empêche pour l’instant toute poursuite pénale directe dans ce dossier.

La victime et des témoins attendent des éclaircissements. Les faits décrits — accident grave, admission partielle de responsabilité, absence d’un constat présumé et fuite de documents — posent des questions sur la transparence et la manière dont ce dossier a été traité par les autorités locales.

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