S’il est aujourd’hui un visage familier de BFMTV, Dominique Rizet doit une grande part de sa notoriété à une seule émission : Faites entrer l’accusé. En 2000, alors qu’il est grand reporter au Figaro Magazine, il est choisi comme conseiller éditorial pour le lancement du programme. Aux côtés de Christophe Hondelatte, Christian Gerin, Bernard Faroux et Christian Huleu, il participe à la genèse du format et devient par la suite chroniqueur permanent, intervenant sur plus de 250 numéros.
Une suppression surprise et des rancœurs
La trajectoire de l’émission bascule en 2011 lorsque France Télévisions décide, à la surprise générale, de supprimer Faites entrer l’accusé présenté par Christophe Hondelatte. Le journaliste est limogé, puis la case sera occupée par Frédérique Lantieri jusqu’en 2020. Ce choix provoque chez Dominique Rizet un sentiment d’injustice : il reproche aux dirigeants du service public un manque de loyauté et une absence de cohérence dans leur stratégie éditoriale.
Interrogé par Jordan de Luxe, le spécialiste des faits divers n’hésite pas à parler clairement de sa déception. « Je leur en veux beaucoup. La direction ne voulait plus de fait divers, ils disaient qu’ils mettraient ça sur France 3. Ce n’était pas propre sur le service public. Donc, on avait des numéros enregistrés avec Fred, et ça traînait avant leur diffusion », relate-t-il, évoquant les épisodes déjà préparés avec Frédérique Lantieri restés en attente.
Quelques mois après l’arrêt annoncé, la direction de France Télévisions confie pourtant un programme similaire à Marie Drucker, ce qui alimente le ressentiment de Rizet. La marque Faites entrer l’accusé est alors rachetée par BFM-RMC, qui relance le concept d’abord avec Rachid M’Barki — depuis licencié — montrant que la gestion du dossier aura pris plusieurs directions successives.
Des mots durs envers la maison mère
Le ton de Dominique Rizet devient cinglant lorsqu’il évoque la stratégie de France TV. « Et derrière, qu’est-ce que fait France TV ? Ils installent Marie Drucker et Alain Bauer le samedi après-midi pour faire la même chose. C’est d’une inélégance crasse et d’une connerie pas possible », lâche-t-il, sans mâcher ses mots. Ces propos traduisent une rancœur tenace face à ce qu’il perçoit comme une incongruité éditoriale et un manque de transparence dans les décisions.
Pour autant, Rizet ne se contente pas d’un règlement de comptes personnel : il pointe aussi des failles de gouvernance. Interrogé sur les attaques régulières dont le service public fait l’objet, il admet que certaines critiques peuvent tenir. « C’est vrai que CNews et Europe 1 taillent le service public en permanence … Mais ils n’ont peut-être pas complètement tort. En tout cas, l’histoire que je vous raconte témoigne qu’il y a vraiment eu des erreurs de pilotage à France TV », conclut-il, reconnaissant une responsabilité éditoriale du diffuseur.
Ces déclarations mettent en lumière la complexité des arbitrages entre lignes éditoriales, image du service public et pression des audiences. Elles rappellent aussi que, pour les professionnels qui ont construit un format sur le long terme, les décisions institutionnelles peuvent laisser des traces durables.
Où en est Dominique Rizet aujourd’hui ?
Sans renier son passé lié à Faites entrer l’accusé, Dominique Rizet poursuit sa carrière sur les ondes du groupe RMC-BFM. Depuis plusieurs années, il y intervient régulièrement, notamment aux côtés de chroniqueurs comme Christophe Delay. Sa présence sur ces antennes confirme son positionnement comme expert des faits divers et voix reconnue du paysage médiatique.
Si l’affaire Faites entrer l’accusé reste un chapitre marquant de sa carrière, elle illustre aussi les tensions entre créateurs de contenus et diffuseurs publics ou privés. Les reproches formulés par Rizet, étayés par les faits rapportés, témoignent d’un malaise éditorial — et d’une amertume personnelle — vis-à-vis des choix opérés à l’époque par France Télévisions.


