Béatrice Dalle défend Jacques Doillon après l’accusation de Judith Godrèche et revient au cinéma dans Laurent dans le vent, et prend position sur #MeToo

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À l’affiche de Laurent dans le vent, une comédie poétique qui sort ce mercredi au cinéma, Béatrice Dalle revient sur le devant de la scène dans un rôle singulier, tourné au cœur d’une station de ski désertée. À 61 ans et forte d’une filmographie approchant la cinquantaine de titres, l’actrice continue de tracer un parcours à part. Fidèle à ses choix artistiques et à son franc-parler, elle évoque dans une longue interview accordée à Blue News son rapport au cinéma, son goût pour les jeunes cinéastes et ses positions tranchées sur l’ère post‑MeToo. Elle y parle aussi, sans détour, de Jacques Doillon, qu’elle défend publiquement depuis plusieurs décennies. 

Un rôle dans un décor hivernal et une poésie contemplative

Dans Laurent dans le vent, Béatrice Dalle incarne une femme retirée du monde après une vie d’aventures et de ruptures. Isolée dans un paysage hivernal presque fantomatique, son personnage croise Laurent, un jeune homme en décalage avec la société contemporaine. Le film privilégie une esthétique douce‑amère et contemplative, attentive aux silences, aux corps et aux paysages. 

Le projet est porté par trois réalisateurs — Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon — pour qui il s’agit du deuxième long métrage. Ce choix correspond à une constante dans la carrière de l’actrice : accompagner les débuts d’auteurs émergents. Interrogée sur ce qui l’a séduite, elle place le metteur en scène au cœur de la genèse d’un film. « Pour moi, l’âme d’un film, c’est le metteur en scène. Je les ai rencontrés, ils m’ont donné envie de les suivre dans leur aventure », confie‑t‑elle. 

Cette fidélité aux premiers films se retrouve à plusieurs reprises dans son parcours. « J’ai fait quand même beaucoup, beaucoup de premiers films de jeunes réalisateurs. Il y a une envie plus balèze chez un jeune ou une jeune réalisatrice que chez quelqu’un qui a déjà fait plein de choses », ajoute‑t‑elle, soulignant la force créative qu’elle perçoit chez les nouveaux venus. 

Un rapport au plateau sans concession

Béatrice Dalle rappelle aussi son refus des rôles de composition et des postures faciles. Elle dit préférer la vérité du plateau, la spontanéité et la relation directe avec le réalisateur. Cet attachement à l’authenticité éclaire son choix de projets et son attrait pour des films qui laissent de la place au silence et à l’intériorité. 

Dans Laurent dans le vent, la rencontre entre ses silences et la présence du jeune personnage sert un récit intimiste. L’ensemble du film se déroule dans un tempo mesuré, loin des exigences commerciales immédiates. C’est un cinéma de sensations et de nuances, placé sous l’égide de la mise en scène collective des trois réalisateurs. 

Des prises de position nettes sur MeToo et Jacques Doillon

La conversation prend un tour plus polémique quand l’entretien aborde l’ère MeToo et les scènes d’intimité. Interrogée notamment sur une scène tournée avec Baptiste Perusat, Béatrice Dalle exprime un malaise face au climat actuel du débat. « J’entends tellement tout le monde se plaindre sur tout le monde en ce moment. Tout le monde a violé tout le monde », dit‑elle, avec l’amertume d’une professionnelle qui se sent parfois étrangère au discours collectif. 

Forte de ses quarante années d’expérience, elle affirme n’avoir « jamais eu un metteur en scène, un acteur, un technicien, un journaliste, quelqu’un qui m’a manqué de respect ». Cette affirmation, qui reflète sa trajectoire personnelle, tranche avec de nombreux récits récents dans le milieu du cinéma. Elle insiste sur le fait que son vécu ne doit pas être généralisé. 

C’est dans ce contexte qu’elle prend position pour Jacques Doillon, réalisateur accusé de viol par l’actrice Judith Godrèche. Se déclarant proche de lui depuis quarante ans, elle émet un soutien sans réserve : « Je ne suis pas un chien, je ne crie pas avec la meute. J’ai un ami qui s’appelle Jacques Doillon. Ça fait 40 ans que c’est mon ami, et les abominations qu’on dit sur lui, je n’y crois pas une seule seconde ». Ces propos risquent de relancer le débat public. Ils témoignent d’un engagement personnel fort et d’une lecture particulière des tensions qui traversent le milieu. 

Une trajectoire cohérente, entre audace et fidélité

Qu’on partage ou non ses opinions, Béatrice Dalle demeure une figure qui suscite l’attention. Son retour dans un film à la tonalité poétique confirme son goût pour des œuvres singulières. Son parcours montre aussi une cohérence : préférer les auteurs à la notoriété, défendre des amitiés anciennes, et affirmer sans détour son expérience du métier. 

Laurent dans le vent s’annonce donc comme une étape de plus dans une filmographie hors des sentiers battus. Le film sort ce mercredi et vient rappeler que, après six décennies de vie et des décennies d’écran, Béatrice Dalle continue d’imposer sa présence, sa manière et ses convictions.

Society News

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